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Activité minière

Protection du mont Rigaud: les élus de la MRC demandent à Québec d'agir

durée 18h00
1 octobre 2022
Jessica Brisson
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par Jessica Brisson, Éditrice adjointe

La MRC de Vaudreuil-Soulanges interpelle le gouvernement, les différents partis politiques, et plus particulièrement les candidats des comtés de Vaudreuil et Soulanges à se positionner sur la question des territoires incompatibles à l’activité minière, alors que le mont Rigaud, et surtout, l’approvisionnement en eau potable de près de 100 000 citoyens y est toujours exposé.

Cosignataire de la lettre d’opinion du président de la Fédération québécoise des municipalités, M. Jacques Demers, intitulée: On doit mettre fin à la préséance de la Loi sur les mines!, la MRC de Vaudreuil-Soulanges réitère l’importance de protéger ses territoires critiques.

« Qu’importe le gouvernement qui sera élu, ce que l’on veut, c’est un travail de collaboration et non l’imposition d’une loi qui n’est plus à jour et qui ne devrait pas s’appliquer sur un territoire comme le nôtre », de dire Patrick Bousez, préfet de la MRC.

Un peu plus d’un pour cent du territoire de Vaudreuil-Soulanges est compatible avec l’activité minière, notamment le mont Rigaud.

Rappelons qu’à ce jour, la MRC et ses partenaires que sont Nature Action Québec, Conservation de la Nature Canada au Québec, la Ville de Rigaud, la Fiducie de conservation du patrimoine naturel de Rigaud, de même que le gouvernement du Québec, ont investi plus de 3,5 millions de dollars afin de protéger 329 hectares sur le mont Rigaud. « Nous allons devoir chercher un autre 25 M$ additionnel pour protéger la montagne qui est le seul poumon à l’ouest de l’île de Montréal »,

« On a beau nous dire que s’il n’y a pas d’acceptabilité sociale, il n’y aura pas de projet minier, et bien, ce n’est pas ce que la loi prévoit. Aujourd’hui, comme demain, quelqu’un pourrait faire des claims miniers sur le mont Rigaud, et même si on dit qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale, malheureusement, la loi le permet », s’indigne M. Bousez.

« Malgré sa haute valeur écologique, ses milieux naturels d’exception, son rôle d’équipement récréotouristique majeur, de même que les sommes et les efforts investis dans la préservation du mont Rigaud, force est de constater que le gouvernement ne prend toujours pas au sérieux la protection de cette Montérégienne, puisque le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles refuse toujours et encore de reconnaître la montagne comme territoire incompatible aux activités minières (TIAM) », poursuit le préfet.

Au niveau des sources d’eau potable

Il est important de noter que les zones de recharge de l’aquifère et plusieurs prises d’eau potable, qui approvisionnent près de 100 000 citoyens de 18 municipalités de la région de même que notre futur hôpital, sont toujours elles aussi exposées à l’activité minière.

Dans les dernières années, la MRC a produit de nombreuses études afin de mieux connaître et protéger ses eaux souterraines et malgré l’identification des zones les plus vulnérables, celles-ci sont toujours exposées à l’activité minière.

« Pire encore, je m’explique vraiment mal comment; malgré les études, analyses, argumentaires, rencontres, échanges et discussions tenues depuis plusieurs années, le gouvernement préfère prioriser les intérêts de l’industrie minière au détriment de la sécurité des citoyens de notre région », de dire M. Bousez. « Nous constatons avec effroi que nous ne sommes pas les seuls à vivre cette situation au Québec et sommes encouragés par le fait que la Fédération québécoise des municipalités prenne le dossier au sérieux » conclut-il.

Mais qu’est-ce qui empêche l’avancement du dossier ?

« Actuellement, le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles lance la balle au ministère de l’Environnement, alors que le premier, qui s’est opposé à sa protection (du mont Rigaud), continue de bloquer le dossier », poursuit le préfet.

« C’est à se questionner si nous avons un ministère des mines, ou un ministère des minières », déplore Patrick Bousez qui estime que la santé publique et la loi sur la qualité de l’environnement doivent prévaloir sur la loi sur les mines.

Pourtant un simple décret pourrait protéger le territoire. « Le ministre a un pouvoir discrétionnaire. Le ministre peut lui-même émettre un décret pour sortir les zones (zones compatibles à l’exploitation minière) ».

Près de trois ans d’attente

Malgré de nombreuses représentations auprès de la députée sortante de Soulanges, Marilyne Picard, il aura fallu près de trois ans pour qu’une rencontre entre la MRC et le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, puisse avoir lieu. « Il n’a toujours rien fait pour faire avancer le dossier », ajoute Patrick Bousez.

Présente lors de la conférence de presse, la députée sortante de Vaudreuil, Marie-Claude Nichols, a confié avoir interpellé personnellement, il y a plusieurs mois déjà, le ministre Julien sur la question, lui demandant de prendre en charge le dossier et de rencontrer les représentants de la MRC.

« Cela fait deux ans que le gouvernement gère par décret, qu’est-ce que ce serait d’en faire un nouveau pour protéger notre territoire ? », se questionne la députée sortante et candidate libérale dans Vaudreuil.

« Si le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles nous assure qu’il y a peu de chance que ça arrive (l’exploitation minière) et bien, qu’il retire les zones. Ce n’est pas plus compliqué que ça », conclut Patrick Bousez.

La FQM tiendra en novembre prochain une commission permanente de l’énergie et des ressources naturelles sur la reconnaissance des TIAM dans la MRC de Vaudreuil-Soulanges et ailleurs, et pourra par la suite porter le dossier auprès du prochain gouvernement.

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