Entrevue avec Sonia Isabelle
Un beau rayonnement à l'international pour une artiste des Cèdres
Native de Salaberry-de-Valleyfield établie à Les Cèdres, l’artiste en arts visuels Sonia Isabelle franchit une nouvelle étape dans le déploiement de sa carrière professionnelle. Depuis les dernières années, son nom et son art au crayon graphite résonnent de plus en plus sur les scènes nationales et internationales.
Pour la principale intéressée, cette explosion de son talent hors des frontières du Québec n’est pas surprenante. « Ça fait partie d’une stratégie que j’ai mise en place lorsque j’ai décidé de me consacrer à l’art à temps plein en 2017. Avant, je travaillais dans un domaine complètement différent. J’ai décidé de me choisir et de faire ce dont j’avais vraiment envie. Comme mon médium est très niché et peu connu au Québec, j’ai couché sur papier un plan de développement pour ma carrière à l’international afin d’atteindre de nouveaux marchés. Toutefois, je tiens à rassurer les gens, je vais toujours continuer à exposer ici, c’est chez moi », lance-t-elle d’entrée de jeu au bout du fil.
Avant de percer les barrières du marché national et international, Sonia Isabelle a pris part au concours TRACE, bien connu dans Vaudreuil-Soulanges. Cette aventure lui a valu une exposition solo au Musée régional de Vaudreuil-Soulanges. Cette première reconnaissance institutionnelle marque une entrée remarquée dans le milieu professionnel et agit comme catalyseur pour l’artiste.
Ces dernières années, sa progression s’est accélérée. Dans le cadre de son plan de développement, Sonia Isabelle est devenue membre de la Société artistique du Canada, ce qui lui a permis de se faire connaître hors de sa province natale. « J’ai fait une première exposition à Toronto, à laquelle j’ai pu assister au vernissage. Par la suite, j’ai élargi le cercle jusqu’en Europe. J’ai pu prendre part à une première exposition en septembre dernier à Monaco avec une délégation de l’Institut des arts figuratifs. En mars, soit dans les prochains jours, deux de mes réalisations seront partie prenante d’une seconde exposition qui se tiendra à Marseille. J’en suis très heureuse. Malheureusement, pour cette dernière, je ne pourrai pas être au vernissage, mais je suis bien heureuse que les gens d’outre-mer découvrent mon travail. Je vais aussi prendre part à d’autres expositions en 2027. Cette année, je vais plus me concentrer sur la production », résume-t-elle.
Il faut aussi préciser qu’au cours de l’automne dernier, son œuvre Repos de mains a été sélectionnée au prestigieux concours Strokes of Genius 17, ce qui lui a permis de figurer dans la publication américaine Artists Magazine – The Best of Drawing, référence incontournable en matière de dessin contemporain.
En novembre 2025, elle a aussi reçu le 2e prix d’excellence pour son dessin Port au beau fixe, lors de l’exposition des membres élus de la Société des artistes canadiens, présentée à la Galerie Dignam. Puis, la semaine dernière, la même œuvre a obtenu la médaille d’or dans la catégorie « Figuratif » au Prix international des professionnels de l’art pour 2025, décerné par la Mondial Art Academia.
Un médium qui demande de la patience
Contrairement à certains autres types d’arts visuels, le crayon graphite impose à l’artiste qui le manie de travailler lentement. « Je fais environ une œuvre par mois. Ça peut me prendre une centaine d’œuvres pour chaque dessin de 30 par 30. Je ne peux pas faire des productions de masse. Si j’en fais deux par mois, c’est que ça a vraiment bien été (rires). J’ai découvert ce médium lors de mon parcours scolaire collégial et universitaire après avoir croisé la route d’un professeur américain qui le pratiquait. Il m’a enseigné cette technique-là, mais j’ai décidé d’arrêter plus tôt dans ma carrière, car c’était trop long de faire une œuvre et je voulais une famille. Il faut dire aussi que le crayon graphite était au bas de la pyramide des arts visuels. Ce n’était pas vraiment reconnu comme aujourd’hui. C’était beaucoup considéré comme du dessin. »
À 64 ans, et depuis son retour dans la sphère de l’art visuel, Mme Isabelle a décidé de revenir à cette technique. « Je continuais d’en faire un peu avant, mais pas de manière assidue. Je faisais de la peinture à l’huile et à l’acrylique, mais je revenais toujours à ce médium. Je peux dire que le crayon graphite s’est imposé dans ma vie. Tellement que parfois, je ne sais pas qui a choisi qui. »
Malgré ce parcours à l’international, Sonia Isabelle n’a pas l’intention de cesser d’exposer au Québec, et dans la région de Vaudreuil-Soulanges. « Je veux continuer. Je fais partie des artistes de la Route des arts, un regroupement qui a en ce moment une exposition à Les Coteaux. Il se peut aussi que je fasse des portes ouvertes à mon atelier des Cèdres en septembre prochain. Je tiens à continuer à exposer localement, c’est dans mon ADN.»

