Les acheteurs deviennent plus sélectifs
La résilience régionale et le marché immobilier
L’étude sur le prix des maisons et les prévisions du marché de Royal LePageMD publiée le 16 avril démontre que le marché s'adapte de manière réfléchie et sélective aux pressions économiques. Le premier trimestre de 2026 confirme la maturité du marché québécois, où la croissance des prix se maintient malgré une sélectivité accrue des acheteurs et un manque d'inventaire.
« Le premier trimestre de 2026 témoigne d’une transition importante vers un marché plus réfléchi », déclare Dominic St-Pierre, vice-président exécutif, Royal LePage. « Alors que nous observons un retour marqué vers les centres urbains et les propriétés de prestige, les acheteurs font preuve d’une prudence nouvelle », estime M. St-Pierre.
En ce qui concerne les différents types d’habitations, le prix médian d’une maison unifamiliale détachée au Québec a grimpé de 5,9 % sur un an pour s’élever à 517 400 $, tandis que celui d’un appartement en copropriété a enregistré une hausse plus modérée de 2,6 % pour atteindre au cours de la même période.
Le marché québécois voit émerger une figure dominante : l’acheteur réflexif. Contrairement à la frénésie des années passées, les acquéreurs analysent désormais rigoureusement les coûts d’entretien et les rénovations nécessaires avant de s’engager.
« Nous assistons à une fin de l’achat impulsif », explique St-Pierre. « La hausse du coût de la vie et la sensibilité aux risques environnementaux ont modifié les priorités des acheteurs. Une propriété “clé en main” commande désormais une prime sur le prix, tandis que celles nécessitant des travaux majeurs trouvent preneur plus difficilement. »
Une dualité de l’inventaire marqué en 2026
Selon Marc Lefrançois, courtier immobilier chez Royal LePage, le premier trimestre de 2026 a été marqué par une nette dualité. « Après un mois de janvier décevant affichant un taux d’absorption historiquement bas, le marché a rebondi en février avec une reprise à deux chiffres. Les unifamiliales et les plex affichent une vigueur soutenue, tandis que les copropriétés du centre-ville peinent face à un surplus d'inventaire amplifié par la concurrence du neuf. », note-t-il.
En somme, Lefrançois précise : « Nous observons le grand retour du luxe avec un rebond marqué dans les secteurs de prestige, tandis que le marché des condos urbains est à la traîne. »
L’activité de vente, plus nuancée qu’à l’habitude en début d’année, a été principalement tirée par les acheteurs souhaitant migrer vers une propriété de gamme supérieure et la fin de l’exode urbain. En revanche, le marché des copropriétés a rencontré des défis importants, notamment dans les centres urbains.
Concernant les facteurs économiques, la psychologie du marché québécois demeure positive malgré un contexte mondial incertain. « Le marché reste confiant grâce à une économie diversifiée et, bien que les tensions géopolitiques en Iran ou l’effet “Trump” soient à surveiller, ils n’affectent pas encore le moral des acheteurs », indique Lefrançois. « Cette stabilité a cependant été nuancée par une certaine nervosité chez la clientèle anglophone face au climat politique provincial, bien qu’il soit trop tôt pour en mesurer l’impact réel sur les projets immobiliers. »
Alors que la période printanière est déjà bien engagée, Lefrançois anticipe que la vigueur du segment des unifamiliales et du luxe se maintiendra dans les secteurs prisés. Du côté des copropriétés, la transition vers un marché d'acheteurs offrira davantage de marge de négociation, les prix demeurent stables sauf dans les quartiers les plus recherchés.
Royal LePage prévoit que le prix de l’agrégat d’une propriété dans la région du Grand Montréal augmentera de 5,0 % au quatrième trimestre 2026, par rapport au même trimestre de l’année précédente.

