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Véhicules électriques chinois dans l'usine de Stellantis: Unifor s'inquiète

durée 15h39
2 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

TORONTO — Le syndicat Unifor dénonce le projet du constructeur automobile américain Stellantis visant à transformer son usine de Brampton, en Ontario, en une simple chaîne d'assemblage pour des véhicules électriques chinois.

Le syndicat confirme jeudi que Stellantis envisageait de faire venir le constructeur automobile chinois Leapmotor dans l'usine à l'arrêt pour y construire des véhicules électriques.

Il indique que cette initiative potentielle, rapportée pour la première fois par Bloomberg, pourrait signifier que le constructeur automobile mettrait en place une activité reposant en grande partie sur une fabrication réalisée en Chine, ne laissant qu'un assemblage mineur aux usines à l'étranger.

«Unifor est très préoccupé par cette proposition, car il ne s'agit pas de fabrication», souligne la présidente nationale Lana Payne.

«Elle ne fait pas appel à la chaîne d’approvisionnement canadienne. Il n’y a pas d’emplois dans le secteur des pièces automobiles et très peu d’emplois pour l’assemblage de ces kits de montage.»

Stellantis ne confirme pas l’existence de discussions avec des constructeurs chinois, mais précise dans un communiqué qu’il évalue activement les programmes futurs pour Brampton et qu’il est en pourparlers avec des représentants du gouvernement et des parties prenantes clés.

Le constructeur automobile a acquis une participation d'environ 21 % dans Leapmotor en 2023 et a depuis formé un partenariat pour étendre sa production en dehors de la Chine.

Stellantis affirme rester déterminé à maintenir une forte présence au Canada, avec pour objectif de s’assurer que toute décision d’investissement soit durable et constitue un engagement à long terme pour soutenir les travailleurs et les fournisseurs.

L'avenir de l'usine de Brampton est incertain après que Stellantis a annoncé l'année dernière qu'il délocalisait aux États-Unis la production prévue pour ce site.

Cette décision, qui a entraîné la mise en chômage partiel d'environ 3000 travailleurs, fait suite à l'imposition par les États-Unis de droits de douane sur les importations automobiles dans le but de relancer la production nationale.

Le cabinet de la ministre fédérale de l'Industrie, Mélanie Joly, a souligné dans une déclaration que la décision du constructeur automobile de délocaliser la production de la Jeep Compass dans l'Illinois était inacceptable et qu'il travaillait avec l'entreprise, Unifor et le gouvernement de l'Ontario pour garantir le maintien de la production.

La possibilité d’attirer Leapmotor au Canada fait suite à l’annonce par le gouvernement fédéral de la réduction des droits de douane sur 49 000 véhicules électriques chinois par an, qui passent de 100 % à 6,1 %.

Le premier ministre Mark Carney a déclaré à l'époque qu'il s'attendait à ce que cet accord génère des investissements «considérables» de la part de nouvelles coentreprises chinoises au Canada et crée de nouveaux emplois dans le secteur de la construction automobile pour les travailleurs canadiens.

Unifor et le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, ont critiqué cet accord, affirmant qu'il finirait par nuire au secteur manufacturier ontarien.

La Presse Canadienne

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