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Une Première Nation ravagée par les incendies de forêt se trouve sans aide d'Ottawa

durée 16h11
17 juillet 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Une petite communauté autochtone de l'Ontario, entièrement détruite lundi par un violent incendie de forêt, se voit privée de l'aide nécessaire, car le gouvernement fédéral ne la reconnaît pas comme une Première Nation, selon l'avocat de la communauté.

Les habitants de la Première Nation de Collins, une communauté isolée sans accès routier située à plus de 200 kilomètres au nord de Thunder Bay, ont été contraints de s'évacuer par leurs propres moyens en début de semaine face à la progression rapide des flammes.

Des vidéos montrent des membres de la communauté fuyant à bord de petits bateaux alors que les flammes gagnaient le rivage.

La cheffe du Grand Conseil de la nation Anishinabek, Linda Debassige, a déclaré à La Presse Canadienne que les membres de la communauté s’en étaient sortis de justesse.

Elle a précisé qu’ils avaient pris soin les uns des autres après que les autorités provinciales et fédérales eurent omis de les avertir de l’incendie et de leur fournir une aide à l’évacuation.

Le Conseil, qui regroupe 39 Premières Nations, reconnaît Collins, également connue sous le nom de Namaygoosisagagun, comme une communauté des Premières Nations et soutient ses membres en leur proposant des séjours à l’hôtel ainsi qu’une aide de première nécessité, notamment de la nourriture et des vêtements.

«Nous ne savons pas si nous serons remboursés, mais cela n’a pas d’importance, a déclaré Mme Debassige. Notre préoccupation est de soutenir cette communauté alors que les gouvernements fédéral et provincial l’ont abandonnée.»

Meaghan Daniel, avocate représentant les Premières Nations de Collins, a adressé jeudi une lettre à la ministre des Services aux Autochtones, Mandy Gull-Masty, appelant son ministère à fournir à la communauté les aides d’urgence, de relance et de reconstruction dont bénéficient les communautés reconnues en vertu de la Loi sur les Indiens.

Les habitants de Collins sont reconnus comme membres des Premières Nations en vertu de la Loi sur les Indiens, mais la communauté elle-même ne l’est pas. Ses dirigeants font pression sur Ottawa depuis des décennies pour obtenir une reconnaissance officielle.

«Soyons clairs: si Namaygoosisagagun se voit refuser l’accès aux aides d’urgence et de reconstruction dont bénéficient les Premières Nations reconnues, cela ne se traduira pas simplement par un ralentissement de son redressement. Elle risque de perdre à jamais la possibilité de reconstruire la communauté que ses membres ont mis des décennies à bâtir», a écrit Mme Daniels dans sa lettre.

«Dans ces circonstances, la question n’est pas simplement de savoir si le redressement sera retardé. Il s’agit de savoir si Namaygoosisagagun aura un avenir dans le lieu qu’elle considère comme son foyer depuis des temps immémoriaux.»

Dans une déclaration transmise par courriel, Eric Head, porte-parole de Services aux Autochtones du Canada, a indiqué que le gouvernement fédéral apporterait une aide pour répondre aux besoins immédiats de la communauté. Il a précisé que des travaux étaient en cours avec les partenaires fédéraux et provinciaux afin de déterminer ces besoins et de coordonner les aides destinées aux membres de la communauté.

Le ministère n’a pas répondu aux questions visant à savoir s’il rembourserait la Nation Anishinabek pour les aides à l’évacuation et au déménagement, s’il aiderait la Première Nation de Collins à se reconstruire, ni si le ministre s’était entretenu avec les dirigeants de la communauté.

Il n’a pas non plus précisé s’il reconnaîtrait la Première Nation de Collins en vertu de la Loi sur les Indiens.

Interrogée jeudi sur la question de savoir si le gouvernement fédéral s’engagerait à verser des fonds à la Première Nation de Collins, la ministre des Services aux Autochtones, Mandy Gull-Masty, est restée évasive. Elle a expliqué que la communauté se trouvait dans un vide juridique, car elle ne disposait pas du statut de Première Nation.

«Nous travaillons en étroite collaboration avec la province. Celle-ci a indiqué qu’elle apporterait ce soutien, mais je pense que nous avons un rôle à jouer dans ce domaine, a indiqué Mme Gull-Masty. Je compte passer à l’étape suivante.»

Le député conservateur Billy Morin, qui a précédemment occupé le poste de chef de la nation crie d’Enoch, a accusé la ministre de traîner des pattes.

«Il est inacceptable que, alors que des gens voient leurs maisons partir en fumée et que leur vie est en danger, les responsables gouvernementaux ne réagissent pas en disant: “Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour vous aider”, et qu’ils invoquent des raisons politiques et des détails techniques pour ne pas leur venir en aide», a-t-il déclaré à La Presse Canadienne.

«Ils tardent à venir en aide à des personnes dont la vie est en danger.»

M. Daniel a ajouté que la Première Nation ne pouvait pas se permettre d’attendre que les questions de compétence et d’ordre administratif soient réglées, et que chaque jour s'écoulant sans clarification compromettait l’avenir de toute une communauté.

Alessia Passafiume, La Presse Canadienne

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