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Une nouvelle garantie sur les électroménagers fait craindre des hausses de prix

durée 14h05
7 septembre 2026
La Presse Canadienne, 2026
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Plusieurs grandes organisations économiques interpellent Québec au sujet de l'entrée en vigueur prochaine d'une garantie sur des électroménagers qui engendrerait des hausses de coûts importantes.

À compter du 5 octobre, toute personne qui achètera un appareil électroménager – que ce soit une laveuse, un réfrigérateur ou un téléphone – devra payer une garantie prolongée de trois à six ans, selon le produit.

Des organisations estiment toutefois que cette «garantie de bon fonctionnement» exercera une pression importante sur les coûts, qui s'ajoute aux hausses découlant des droits de douane américains et des mesures de rétorsion canadiennes.

Le Conseil canadien du commerce de détail, le Conseil québécois du commerce de détail, le Conseil du patronat du Québec, la Fédération des chambres de commerce du Québec, l'Association de la quincaillerie et des matériaux de construction et la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante ont donc adressé jeudi une lettre à la première ministre, Christine Fréchette.

Dans leur missive, ils demandent au gouvernement de reporter d'un an la mise en place de cette garantie. Ils dénoncent notamment le manque d'étude de la part du gouvernement concernant ce projet de loi adopté en 2023.

«À l'époque, on avait demandé au gouvernement, avant d'aller de l'avant, de s'assurer d'avoir une analyse d'impact», a expliqué en entrevue Michel Rochette, président de la section Québec du Conseil canadien du commerce de détail.

«Évidemment, tout ça a une valeur, un coût réel de provisionnement, parce que, quand on crée une assurance en quelque sorte sur un produit, il faut provisionner la valeur, le risque et le taux de remplacement potentiels», a-t-il précisé.

Depuis plusieurs mois, plusieurs manufacturiers ont annoncé aux détaillants qu'ils leur vendraient désormais plus cher les produits visés en raison de l'arrivée de cette garantie.

«Le détaillant n'aura pas le choix lui également d'augmenter les prix sur le plancher», a souligné M. Rochette.

Une fois la garantie entrée en vigueur et l'application des droits de douane, certains appareils pourraient coûter jusqu'à 40 % de plus, selon lui.

«Une cuisinière, un réfrigérateur, ce n'est pas un produit de luxe, c'est un produit essentiel, peu importe que ce soit un produit d'entrée de gamme ou plus élevé, tout ça maintenant va être frappé par d'énormes hausses», a-t-il indiqué.

Un impact ailleurs au Canada

Et ce ne serait pas que les consommateurs québécois qui seraient touchés par ces augmentations, d'après les organisations.

«Il y a certains manufacturiers qui ont annoncé que, pour absorber l'impact de la politique québécoise, ils vont répartir des hausses à travers tout le Canada», a avancé M. Rochette, soulignant que d'autres ne le feront que pour le Québec.

S'il s'agit de décisions commerciales prises par les manufacturiers, M. Rochette a rappelé qu'il est parfois difficile pour eux de changer le prix à un seul endroit quand certains entrepôts sont globaux à travers le Canada.

La ministre de l'Industrie, Mélanie Joly, a d'ailleurs aussi été interpellée dans cette lettre en raison de l'impact potentiel sur tous les Canadiens.

«On demande au gouvernement de retourner sur la planche à dessin, de faire au moins une véritable évaluation des coûts», a mentionné M. Rochette.

Il craint aussi une certaine forme de «concurrence déloyale» alors que des sites de vente en ligne qui n'ont aucune opération au Canada et qui vendent certains de ces produits pourraient ne pas respecter cette règle.

M. Rochette a assuré que les organisations ont multiplié les démarches au cours de la dernière année pour reporter la mise en place de cette garantie.

L'entrée en vigueur mardi à minuit des droits de douane de riposte canadiens sur une multitude de produits provenant des États-Unis met toutefois plus de pression.

Les droits de douane de rétorsion seront notamment de 25 % sur les électroménagers d’origine américaine et de 50 % sur l’acier et l’aluminium qui entrent dans leur fabrication, ont rappelé les organisations.

Audrey Sanikopoulos, La Presse Canadienne

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