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Une équipe de l'IRCM a identifié de nouvelles molécules antivirales

durée 11h25
27 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Une équipe scientifique dirigée entre autres par le fondateur de l'Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) a récemment identifié de nouvelles molécules naturelles dont les propriétés antivirales pourraient un jour en faire de précieuses alliées face à des virus aussi redoutables que l'Ebola et le SRAS-CoV-2.

Le docteur Michel Chrétien et son collègue le professeur Majambu Mbikay, lui aussi de l'IRCM, ont voulu savoir pourquoi l'activité antivirale d'une molécule déjà connue semblait varier d'une fois à l'autre.

«C'était comme trouver une aiguille dans un ballot de foin», a dit le docteur Chrétien, qui a récemment célébré son 90e anniversaire de naissance et qui a discuté de ses travaux en primeur avec La Presse Canadienne.

Cette découverte découle de travaux réalisés au fil des ans sur l'isoquercétine, un flavonoïde présent dans plusieurs plantes et qui présentait une activité antivirale marquée en laboratoire. Certains extraits d'isoquercétine semblaient toutefois nettement plus efficaces que d'autres.

En collaboration avec des experts canadiens et américains, l'équipe montréalaise a déterminé que cette activité antivirale ne provenait pas de l’isoquercétine elle-même, mais plutôt de deux composés triterpénoïdes auparavant inconnus, présents à seulement 0,4 % dans l’extrait analysé.

Ces nouvelles molécules, baptisées dicitriosides, se sont révélées jusqu’à 25 fois plus actives que l’extrait initial contre le virus de l’Ebola et le SRAS-CoV-2 en conditions expérimentales.

Le défi sera maintenant de produire des quantités suffisantes de ces molécules pour pouvoir les tester sur des animaux, a dit le docteur Chrétien.

Et si jamais un nouveau médicament antiviral découle de cette découverte, il ne sera pas de trop, a-t-il souligné, puisque la pandémie de COVID-19 nous a clairement illustré à quel point la médecine moderne peut rapidement se retrouver à court de moyens face à un nouvel ennemi sorti de nulle part.

«Si c'était un antibiotique, on pourrait dire, attendons, il y en a plusieurs nouveaux sur le marché, a conclu le docteur Chrétien. Mais ce sont des virus, c'est dangereux, ça nous pend au bout du nez et il n'y a pas de médicaments valables. C'est pour ça que la nouvelle est biologiquement plus intéressante et importante.»

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le Journal of National Products.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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