Une découverte québécoise aide à mieux comprendre la polyarthrite rhumatoïde

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Les plaquettes jouent un rôle clé, et jusqu'à présent insoupçonné, dans des maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde, a découvert une équipe internationale composée d'une douzaine de chercheurs québécois.
En bref, les chercheurs ont constaté que les plaquettes aident les globules blancs à infiltrer une articulation, où ils causent une inflammation chronique.
«On positionne les plaquettes comme un acteur essentiel où, en leur absence, les globules blancs n'arrivent pas à adhérer aux anticorps», a dit le professeur Éric Boilard, de la faculté de médecine de l'Université Laval, pour expliquer le rôle crucial joué par les plaquettes dans le processus.
Le rôle des plaquettes dans la cicatrisation des blessures est documenté depuis plus d'un siècle. On sait aussi que les plaquettes, une fois sur le site de la plaie, déploient des «bras» qui leur permettent de retenir sur place les globules blancs, pour que ces derniers puissent combattre rapidement une éventuelle infection.
Le professeur Boilard et ses collègues ont donc voulu savoir si ce même mécanisme pouvait jouer un rôle dans des maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde et le lupus.
«On s'est dit que ce processus de recrutement de globules blancs pourrait être conservé dans les pathologies où on ne parle pas de saignements ou de vaisseaux sanguins qui sont brisés, par exemple lorsque les globules blancs envahissent un tissu ou un organe dans un contexte d'auto-immunité», a-t-il expliqué.
Une première expérience réalisée en laboratoire leur a indiqué que la présence des plaquettes est indispensable à l'adhésion des globules blancs lorsqu'ils sont dans un liquide en mouvement comme le sang.
Une deuxième expérience a été menée chez des souris transgéniques à qui on avait donné le gène humain qui code pour la protéine assurant la liaison entre les plaquettes et les globules blancs. Les chercheurs ont constaté, dans un premier temps, que la maladie était plus sévère chez les souris qui possédaient cette protéine que chez les autres.
En revanche, leurs symptômes se sont atténués quand on leur a administré un anticorps qui empêche la liaison entre les plaquettes et les globules blancs. Le professeur Boilard a même évoqué une «guérison».
La même stratégie devrait fonctionner chez l'humain, puisqu'on dispose déjà d'anticorps thérapeutiques qui peuvent empêcher cette liaison. Il faudrait toutefois trouver un juste équilibre entre les issues positives et négatives de la liaison entre les plaquettes et les globules blancs, puisque l'objectif serait d'atténuer les symptômes d'une maladie auto-immune tout en permettant au patient de continuer à se défendre contre une infection.
«On ne pense pas que ça ferait que (le patient) saigne abondamment, mais ça empêcherait les plaquettes de recruter des globules blancs, a précisé le professeur Boilard. On est toujours dans un équilibre entre les pour et les contre.»
Les conclusions de cette étude ont été publiées par The Journal of Clinical Investigation.
Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne