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Une découverte de McGill pourrait améliorer le succès des fécondations in vitro

durée 04h30
8 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — L'approbation clinique n'est pas pour bientôt, mais la découverte d'une équipe de chercheurs de l'Université McGill pourrait éventuellement permettre aux femmes qui procèdent à la fécondation in vitro d'éviter la douleur des injections d'hormones en plus d'augmenter les chances de succès de la procédure.

C'est là l'avenue prometteuse du timbre à micro-aiguilles activé par la lumière. Adieu les piqûres quotidiennes avant le prélèvement d'ovules pour les femmes qui espèrent tomber enceinte avec la fécondation in vitro. Cette étape du processus est souvent stressante et douloureuse pour la femme.

De plus, la fécondation in vitro est souvent infructueuse. Les taux de réussite tournent autour de 30 %, notamment parce que les injections doivent être faites à des moments précis chaque jour. «Un des problèmes pour lesquels la fécondation in vitro ne marche pas souvent [...] c'est que c'est difficile de se rappeler de s'injecter tous les jours à un temps, et si on fait des erreurs dans le temps de l'injection, ça risque de compromettre le traitement», explique Marta Cerruti, professeure en génie des matériaux à l'Université McGill et autrice principale de l'étude.

L'innovation dans ce timbre est d'avoir la possibilité de programmer l'injection du médicament au moment souhaité. Ainsi, pour la femme avec des injections d'hormones, elle pourrait porter le timbre sur sa peau, peut-être pendant une semaine, durant laquelle les injections se feraient automatiquement au même moment chaque jour.

Concrètement, le timbre est composé de micro-aiguilles en hydrogel rempli de nanoparticules, qui, lorsque stimulées par une lumière infrarouge, libèrent du leuprolide, une hormone clé pour la fécondation in vitro.

Bénéfique pour d'autres maladies

Notons que le timbre de micro-aiguilles déclenché par la lumière n'est pas une nouvelle technologie. L'aspect novateur réside dans le fait que c'est la première fois qu’un timbre de micro-aiguilles activé par la lumière ne libère aucune substance étrangère dans l’organisme.

«Pour pouvoir relâcher un médicament avec la lumière, on doit briser des liens qu'il y a dans la matrice où le médicament est contenu. Pour briser ces liens, l'unique lumière qu'on peut utiliser c'est la lumière ultraviolette», explique Mme Cerruti. Or, on sait que la lumière ultraviolette (UV) est cancérigène et qu'il faut l'éviter le plus possible.

«Ce qu'on a fait, c'est qu'on a mis dans le timbre des nanoparticules qui sont très particulières et sont capables de transformer la lumière infrarouge en lumière ultraviolette», précise la chercheuse.

Son objectif était d'utiliser ces nanoparticules, mais sans les relâcher dans le corps puisqu'elles pourraient être nocives. «Avec cette idée de la technologie de micro-aiguilles, on les a mis dans une matrice qui a des micro-aiguilles qui ne permettent pas que les nanoparticules passent dans le corps. C'est seulement le médicament qui est relâché par les particules avec la lumière infrarouge», soutient-elle.

Pour l'instant, des tests ont été effectués sur des rats. Avant de passer aux essais cliniques sur les humains, d'autres tests sur des animaux plus gros doivent être faits. Ça pourrait donc prendre encore plusieurs années avant que Santé Canada évalue le dispositif et décide de l'approuver ou non.

À terme, la technologie pourrait être utile pour d'autres conditions de santé, comme pour les personnes diabétiques ou celles qui souffrent de la sclérose en plaques.

L'étude de Mme Cerruti a été publiée dans la revue scientifique Small à laquelle ont participé Vivienne Tam, Rusvir Trana, Alfonso Nieto-Arguello, Ore-Oluwa Olasubulumi, Samuel Babity, Artiom Skripka, Fiorenzo Vetrone et Davide Brambilla.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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