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Une autre congrégation religieuse est visée en justice pour de présumées agressions

durée 11h48
27 juillet 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

C’est au tour des Frères de Notre-Dame de Miséricorde d’être visés par des allégations d’agressions sexuelles sur des jeunes garçons qu’on leur avait confiés à l’Institut Saint-Jean-Baptiste, une maison d’enseignement aussi appelée Institut des Frères de Notre-Dame de Miséricorde, située à Lac-Sergent, dans le comté de Portneuf, près de Québec.

Une demande d’autorisation d’exercer une action collective a été déposée au palais de justice de Québec au nom de deux demandeurs, identifiés comme A.B et C.D., à titre de représentants du groupe et au nom d'un membre de ce groupe identifié par les initiales E.F.

Les demandeurs souhaitent représenter toutes les personnes qui auraient été agressées sexuellement par des membres ou employés de l’Institut entre le moment de son ouverture en 1939 et celui de sa fermeture en 1976.

A.B. est entré comme pensionnaire à l’Institut en 1961 alors qu’il était âgé de 10 ans. Il y séjournera durant deux ans. Après avoir subi une blessure sportive le privant temporairement de l’usage d’une main, il avait demandé l’aide du frère Jacques pour faire sa toilette. Après quelques fois sans incident, le frère Jacques aurait commencé à se livrer à des attouchements sur l’enfant.

Informé, le directeur n'agit pas

Après quelques incidents de même nature, A.B. est allé voir le directeur de l’établissement. Les agressions ont cessé, mais le frère Jacques n’a subi aucune sanction et est demeuré en poste.

C.D. a été confié à à l’Institut comme pensionnaire en 1967, alors qu’il était âgé de 13 ans. Il y séjournera deux ans. Après un an, en raison d’une situation familiale difficile, il a passé l’été dans un camp de vacances opéré par la même congrégation, où les enfants dorment sous la tente.

Un de ses enseignants, le frère Mario, en qui il avait confiance, se serait livré à des attouchements à son endroit à quelques reprises sous la tente. Il aurait ensuite tenté de poursuivre les gestes en l’emmenant dans une grange, disant vouloir l’aider avec ses mauvais résultats scolaires. Devant le refus de l’enfant, le frère Mario se serait lui-même masturbé devant l’enfant lui promettant de «passer une mauvaise année». C.D. a quitté l’institution après avoir échoué son année scolaire par la suite.

C.D. devait par la suite apprendre de ses camarades que le frère Mario était reconnu parmi les pensionnaires comme étant un agresseur, certains lui confiant avoir été agressés également par le religieux.

Trois agresseurs

Quant au demandeur E.F., il est entré à l’Institut en 1971 à l’âge de 12 ans et y sera pensionnaire durant deux ans. Durant cette période, il aurait été agressé sexuellement par le frère Richard, responsable des cadets, le frère Jacques surnommé à l’époque «le défroqué», et enfin par un frère responsable de l’infirmerie, surnommé le frère «Gelly».

Le demande d’autorisation d’intenter une action collective est pilotée par le cabinet d’avocats Dufresne Wee. On y reproche à l’Institut d’avoir omis de protéger les enfants qui lui étaient confiés, même en sachant que des agressions avaient été commises.

L'avocat au dossier, Me Antoine Duranleau-Hendrickx, n'était pas en mesure de préciser s'il s'agissait du même frère Jacques dans les dossiers de A.B et de E.F. Il estime plausible, par ailleurs, que l'ensemble des suspects sont aujourd'hui décédés étant donné qu'ils étaient tous adultes dans les années 1960 et au début des années 1970.

Les demandeurs réclament des montants qui restent à déterminer pour dommages non pécuniaires, pour dommages pécuniaires et pour des dommages punitifs.

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne

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