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Un témoin dit que M. Gray était «en détresse» avant sa confrontation avec la police

durée 18h58
20 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

VANCOUVER — Un homme qui a appelé le 911 au sujet de Myles Gray avant sa confrontation fatale avec un groupe de policiers de Vancouver en 2015 a déclaré avoir eu peur et avoir suivi M. Gray à distance, le voyant frôler la mort alors qu'il semblait être sous l'influence de l'alcool ou souffrir de troubles mentaux.

Muhammed Reza a indiqué, lors du deuxième jour de l'audience publique sur la mort de M. Gray à Vancouver, avoir attendu l'arrivée des policiers pendant 30 minutes.

Sept policiers de Vancouver impliqués dans l'altercation ont nié les allégations de faute professionnelle.

M. Reza a dit avoir appelé le 911 après que M. Gray a aspergé sa mère avec un tuyau d'arrosage et ait fait des commentaires sur son apparence. Il a énoncé lors de l'audience qu'il avait d'abord pensé que M. Gray était ivre, sous l'influence de drogues ou souffrait d'une maladie mentale.

«Il avait l'air en détresse», a-t-il raconté mardi. Il a témoigné que le premier policier arrivé sur les lieux s'était approché de M. Gray dans une voiture de police et que ce dernier «avait commencé à devenir agressif», ce qui avait effrayé le policier.

M. Reza a relaté que M. Gray avait tenté d'ouvrir la portière de la voiture de police et s'accrochait à la fenêtre ouverte.

Il a ajouté que d'autres policiers étaient arrivés et qu'il avait perdu de vue ce qui se passait, mais qu'il avait «entendu trois cris». Il a précisé que deux policiers étaient réapparus, l'un boitant et l'autre avec du sang sur la tête.

M. Gray est décédé des suites de l'altercation qui lui a causé des blessures, notamment une rupture des testicules et des fractures à l'orbite, au nez, au larynx et à une côte.

Les policiers ont tous nié les allégations d'abus d'autorité et de négligence dans l'exercice de leurs fonctions liées à la mort de M. Gray. Cependant, on ignore s'ils témoigneront, car le commissaire aux plaintes contre la police ne peut les y contraindre.

Aucun d'eux n'a jamais été inculpé ni sanctionné après la mort de M. Gray.

Andreah Pilgrim a témoigné plus tôt mardi qu'elle avait vu M. Gray avant l'incident et qu'il «n'avait pas l'air bien». Mme Pilgrim a déclaré qu'elle travaillait dans une compagnie d'assurances près de la frontière entre Vancouver et Burnaby, en Colombie-Britannique, et qu'elle se trouvait à l'extérieur lorsqu'elle a aperçu M. Gray, qui faisait les cent pas près d'un arrêt de bus, regardant sous les buissons, les poings levés et marmonnant.

Mme Pilgrim a décrit M. Gray comme musclé et «bien bâti», et elle l'a revu en voiture alors qu'elle allait prendre un café. Elle a témoigné avoir eu un mauvais pressentiment en entendant les sirènes et en voyant les voitures de police et une ambulance débouler dans la rue.

Mme Pilgrim a indiqué avoir appelé la police le lendemain de sa rencontre avec M. Gray, après avoir appris la nouvelle de l'empoignade mortelle, et avoir fait une déclaration aux enquêteurs.

«Je dirai toujours qu'il n'avait pas l'air normal. Son comportement était vraiment étrange», a-t-elle dit.

L'audience du Bureau du commissaire aux plaintes contre la police a débuté lundi, avec le témoignage de Margaret Gray, la mère de M. Gray, qui a assuré qu'il était nécessaire que les responsables de la mort de son fils de 33 ans rendent des comptes.

L'audience, qui se déroulera sur dix semaines, entendra des témoins, notamment des policiers et d'autres intervenants d'urgence, un expert en usage de la force par la police, des représentants du syndicat de police de Vancouver et d'autres personnes.

Darryl Greer, La Presse Canadienne

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