Un sondage et de premiers engagements au jour 2 de la campagne électorale

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Par La Presse Canadienne, 2026
Les chefs de parti ont détaillé, vendredi, de premiers engagements en ce début officiel de la campagne électorale. Mais un sondage suggérant désormais une lutte à deux entre le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) a surtout retenu l'attention.
Un sondage Synopsis-La Presse place le PQ de Paul St-Pierre Plamondon et la CAQ de Christine Fréchette au coude à coude. Le premier récolterait 28 % des appuis contre 27 % pour la deuxième.
Pour la CAQ, il s'agit d'une remontée de sept points par rapport au sondage précédent de la même firme publié il y a deux semaines.
La cheffe caquiste a dit d'ailleurs sentir «une belle ouverture» et «une effervescence» à son égard.
«Mon sondage, il est très favorable», a affirmé Mme Fréchette, lors d'une conférence de presse à Rimouski.
Le chef péquiste s'est montré sceptique des résultats du sondage.
«La campagne ne fait que commencer, c'est important de le rappeler, a réagi M. St-Pierre Plamondon. Je suis assez convaincu aussi que les Québécois en ont soupé et qu'ils veulent du changement.»
Selon le coup de sonde, le Parti libéral du Québec (PLQ) se retrouverait maintenant en troisième place avec 20 % des intentions de vote. La formation de Charles Milliard a ainsi perdu six points par rapport au dernier sondage.
L’associé chez Synopsis, Youri Rivest, indiquait à «La Presse» que «la moitié des gains de la CAQ viennent des libéraux».
En réaction à ces résultats, le chef libéral a voulu minimiser la baisse de ses appuis. M. Milliard a estimé que les électeurs qui délaissent le PLQ au profit de la CAQ font erreur.
«Est-ce qu’on va vraiment se taper un autre quatre ans de CAQ au Québec? Je vais m'assurer que ça n'arrive pas», a affirmé le chef libéral en point de presse à Sherbrooke.
L'enquête d'opinion de Synopsis a été réalisée auprès de 1009 répondants, du 24 au 26 août, dans le contexte de l'escalade de la guerre commerciale avec les États-Unis.
Famille, coût de l'épicerie et baisses d'impôt
La CAQ et le Parti conservateur du Québec (PCQ) ont ouvert le bal des promesses au jour 2 de la campagne électorale.
Mme Fréchette a pris un engagement qui vise les familles. Son parti propose de bonifier le Régime québécois d'assurance parentale (RQAP), notamment pour permettre aux pères de passer plus de temps avec leur bébé.
La CAQ veut notamment bonifier de deux semaines le congé de paternité et rendre le régime plus flexible pour impliquer davantage les grands-parents et les proches.
Le chef du PCQ, Éric Duhaime, a pour sa part promis «une baisse d’impôt historique» aux contribuables, qui serait financée par sa promesse de couper 47 milliards $ en dépenses publiques.
Il s'est engagé à redonner en moyenne 11 166 $ à un ménage québécois typique sur cinq ans grâce à une baisse d’impôt et de taxes, si le PCQ formait le gouvernement le 5 octobre prochain.
Le montant personnel de base passerait de 18 952 $ à 35 242 $. Le porte-parole en économie du parti, Adrien Pouliot, a indiqué que les Québécois gagnant 35 242 $ ou moins par année ne paieront plus d’impôt provincial sur le revenu.
Après le PCQ, le PQ a aussi promis à son tour une baisse d'impôt pour les entreprises. Il souhaite réduire leurs impôts de 20 % dans un premier mandat d'un gouvernement péquiste. Les conservateurs proposent, quant à eux, une baisse d'impôt pour les sociétés de 59 %.
Devant les terrains où devait s'installer Northvolt, en Montérégie, M. St-Pierre Plamondon a soutenu vouloir «fermer le bar ouvert aux subventions à des multinationales étrangères pour se concentrer sur les PME québécoises».
Il souhaite faire passer progressivement l'impôt des sociétés de 11,5 à 9,5 %.
M. Milliard y est aussi allé d'une promesse sur le plan économique. Un gouvernement libéral viserait à diminuer d'au moins 15 % les exportations du Québec vers les États-Unis lors d'un premier mandat.
Pour ce faire, il souhaite créer de nouvelles alliances avec des partenaires au Canada, en Europe et dans les pays de la Francophonie.
De son côté, la porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, est revenue sur l'enjeu du prix de l’épicerie en proposant trois mesures qui visent les grandes bannières.
La formation de gauche propose de plafonner les marges de profit des grandes bannières à 2 % et d’interdire «les pratiques déloyales», comme les hausses de prix abusives. Cette mesure, selon QS, rapportera en moyenne 263 $ par famille par année.
Mme Ghazal a dit vouloir donner de «vrais pouvoirs» à l'Office de la protection des consommateurs «pour enquêter, pour sanctionner et pour imposer des amendes à ceux qui défient nos règles».
Elle en a également profité pour réitérer l'engagement de son parti de créer un réseau de 15 épiceries publiques afin de faire «concurrence aux gros joueurs et tirer les prix vers le bas».
— Avec des informations de Patrice Bergeron, Caroline Plante, Thomas Laberge et Stéphane Blais, de La Presse Canadienne
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne