Un quart des Canadiens ont été victimes de fraude ou d'extorsion, selon un sondage

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Un Canadien sur quatre déclare avoir été victime de fraude ou d'extorsion, selon un nouveau sondage Léger.
Ce coup de sonde, qui a été réalisé en ligne et pour lequel aucune marge d'erreur ne peut être attribuée, a été mené auprès de 1536 Canadiens entre le 6 et le 9 février 2026.
Les résultats indiquent que 25 % des Canadiens ont été victimes de fraude ou d'extorsion, tandis que 71 % ne l'ont pas été. Près de 4 % ont précisé ne pas savoir ou ont refusé de répondre.
La proportion de la population déclarant avoir été victime d'une escroquerie était largement similaire dans toutes les régions, tous les sexes et tous les groupes d'âge.
Au Québec, 26 % des répondants ont été la cible de fraude ou d'extorsion.
Le sondage suggère que les formes de fraude les plus courantes sont la fraude par carte de crédit ou bancaire. Ainsi, 52 % des personnes interrogées ont mentionné avoir été la cible de telles escroqueries.
Environ 36 % des répondants ont affirmé avoir été victimes d'escroqueries en ligne, telles que l’hameçonnage ou les faux sites web, tandis que 31 % ont déclaré avoir été victimes d'escroqueries par téléphone ou par message texte.
Les répondants ont également indiqué avoir été victimes de vol d'identité, de fausses offres d'emploi, d'extorsion ou de chantage, d'arnaques liées à l'investissement ou aux cryptomonnaies, de rançongiciel ou de piratage informatique, et d'arnaque amoureuse.
Jennifer McLeod Macey, vice-présidente principale des affaires publiques chez Léger, a expliqué à la Presse Canadienne que la fraude n'était pas rare au Canada.
«Ce n'est pas un problème marginal (...), ce n'est même pas un problème qui touche uniquement Internet, a-t-elle fait savoir. Cela touche les Canadiens de tous âges et de toutes les régions.»
Le coup de sonde suggère que les Canadiens âgés de 55 ans et plus sont les plus susceptibles de signaler des fraudes par carte de crédit ou bancaire (62 %).
Les Canadiens âgés de 18 à 34 ans sont nettement plus susceptibles que les autres de signaler de fausses offres d'emploi (23 % d'entre eux l'ont fait), tandis que 19 % des répondants de ce groupe d'âge ont signalé des cas d'extorsion ou de chantage.
Selon le sondage, seules la moitié des victimes de fraude ou d'extorsion signalent les crimes à la police ou à d'autres autorités, tandis que quatre sur cinq discutent de leur expérience avec leur famille ou leurs amis.
Les répondants ont avancé avoir éprouvé toute une gamme d'émotions après avoir été victimes d'une escroquerie. Près de 60 % ont mentionné avoir ressenti de la colère ou de la frustration, 14 % ont ressenti de la peur et de l'anxiété, et 7 % ont ressenti de la confusion ou de l'incertitude.
Près des trois quarts des répondants ont exprimé leur inquiétude quant au fait de devenir victime de fraude ou d'extorsion à l'avenir.
D'après le sondage, cette inquiétude était nettement plus forte chez les femmes et les Canadiens âgés de 55 ans et plus.
Malgré le grand nombre de répondants qui ont admis avoir été victimes d'une fraude, 89 % des Canadiens ont confiance en leur capacité à reconnaître les escroqueries potentielles.
Selon Mme McLeod Macey, il semble y avoir un «paradoxe de confiance» chez les Canadiens.
«Cette confiance n'est clairement pas synonyme d'immunité, a-t-elle souligné. Et c'est dans cet écart entre la confiance et la réalité que les fraudeurs vont prospérer.»
L'organisme professionnel du secteur des sondages, le Conseil de recherche et d'intelligence marketing canadien, indique qu'il n'est pas possible d'attribuer une marge d'erreur aux sondages en ligne, car ils ne sont pas réalisés à partir d'un échantillon aléatoire de la population.
Catherine Morrison, La Presse Canadienne