Un nombre record de logements locatifs érigés à Montréal en 2025

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — La crise du logement provoque des déséquilibres dans la construction de nouvelles habitations dont les conséquences se feront sans doute sentir à long terme dans la grande région de Montréal.
Les données publiées par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), mercredi, montrent qu’un nombre record de logements locatifs y ont été construits en 2025, pendant que la construction de logements en copropriété est demeurée dans un creux historique.
L’édition du printemps 2026 du Rapport sur l’offre de logement de la SCHL nous apprend ainsi que les logements locatifs ont représenté 80 % des unités mises en chantier l’an dernier dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal, ce qui constitue un record en soi.
Logements de chaînon manquant
Le tiers des logements construits se situait dans la catégorie que la SCHL appelle les «logements du chaînon manquant». Cette catégorie désigne des logements avec entrée privée et regroupe par exemple des multiplex, des maisons en rangée, des maisons en rangée superposées et des appartements situés dans des immeubles de faible hauteur.
La désignation de logements du chaînon manquant provient du fait que ce type d’aménagement – qui convient souvent mieux aux familles que d’autres logements – est depuis longtemps sous-représenté dans l’offre de logements neufs, d’où le nom de chaînon «manquant». Cependant, à l’échelle canadienne, après une croissance de 5 % par année de 2018 à 2023, ils ont connu un bond de 44 % de 2023 à 2024.
La SCHL note par ailleurs que dans la RMR de Montréal, «la construction d’immeubles d’appartements de faible hauteur a pris de l’expansion sur les rives Nord et Sud. Dans ces secteurs, on voit de plus en plus les quartiers se densifier légèrement grâce aux politiques favorables et à l’espace disponible».
Manque éventuel de condos
Dans sa documentation, la SCHL souligne que «les conditions du marché à Montréal semblent détendues à court terme» en raison du ralentissement de la croissance démographique et de l’incertitude macroéconomique, qui ont affaibli la demande. Elle prédit toutefois que «ces conditions ne vont pas se maintenir, de sorte que des déséquilibres pourraient émerger. (…) La demande devrait augmenter à mesure que l’incertitude macroéconomique se résorbera. Ainsi, les conditions actuelles surestiment l’abondance de l’offre.»
Cette surestimation entraînera éventuellement des conséquences du côté des logements pour propriétaires occupants, les condos. La situation actuelle montre qu’il y a beaucoup de logements en copropriété invendus d’une part parce que l’offre est trop abondante et, d’autre part, parce que ce sont surtout des propriétés haut de gamme chères et que les condos existants, beaucoup plus abordables et tout aussi abondants, sont plus attrayants.
«En conséquence, écrit-on, des projets d'immeubles résidentiels (pour propriétaires-occupants) sont retardés, annulés ou convertis en logements locatifs, ce qui menace l'offre future de logements pour propriétaires-occupants. Cette offre pourrait être insuffisante lorsque la conjoncture économique s'améliorera et que le marché reprendra de la vigueur.» On se doute bien que si l’offre devient effectivement insuffisante lors d’une éventuelle reprise du marché, les prix subiront à nouveau une pression à la hausse.
Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne