Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Un laboratoire d'intervention est créé à McGill pour se préparer aux autres pandémies

durée 13h17
3 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — L'Université McGill lance officiellement mardi un nouveau laboratoire d'intervention pour mieux se préparer à une prochaine pandémie et autres situations d'urgences, comme les catastrophes climatiques et les guerres.

Le Pandemic and Emergency Readiness Lab (PERL) réuni pour l'instant sept scientifiques, mais l'objectif est que le projet prenne de l'ampleur et que d'autres experts de la province se joignent à la mission du laboratoire, qui est de mieux réagir aux situations de crise en faisant progresser la recherche et en faisant valoir l’importance de la préparation aux décideurs.

PERL a été créé en partant du principe que la prochaine crise n'attendra pas que nous soyons prêts et que nous devons identifier les meilleures pratiques, a déclaré devant un public lors du lancement à l'Université McGill, la Dre Joanne Liu, directrice du PERL.

Plusieurs experts s'entendent pour dire que la pandémie de COVID-19 était un jeu d'enfant comparativement aux effets dévastateurs que pourrait avoir une prochaine pandémie.

«C'est sûr qu'on ne veut pas être alarmiste parce qu'il y a un tel trauma dans la population, mais la réalité, c'est que c'est vrai que [pour la COVID-19], la létalité n'était pas si haute, la létalité, c'est les décès. C'était contagieux, mais pas super contagieux comme la rougeole, par exemple. Donc, on n'était pas dans le pire scénario pensable», mentionne la Dre Liu en entrevue avec La Presse Canadienne.

Le laboratoire portera une attention particulière à la préparation aux crises sanitaires, mais pas seulement. La crise climatique et les guerres pourraient tout autant bénéficier de la préparation que les scientifiques mettent en branle.

«C'est vraiment pour toutes les crises. Nous, ce qu'on voit, c'est que ces crises-là, qui souvent se superposent, créent vraiment un effet d'entraînement et multiplicateur sur l'impact des systèmes de santé et sur la société, explique la Dre Liu. Au niveau de la crise sur l'environnement, ça nourrit les pandémies, parce qu'on sait que la pression qu'on a sur l'environnement fait qu'un on a des sauts d'espèces. C'est comme ça que l'Ebola est arrivé en 2014.» Un saut d'espèce est lorsqu'un virus animal est transmis à un humain et engendre l'émergence d'une maladie humaine.

Les chercheurs du nouveau laboratoire ont déjà commencé leur travail, notamment en ce qui a trait à l'anticipation des risques et à l'innovation en matière de données et de système.

«Il y a vraiment un pilier de travail qui va être sur la désinformation et mésinformation, a fait savoir la Dre Liu. On sait qu'aujourd'hui, probablement, une des plus grandes menaces à garder une population ensemble, c'est ce courant de désinformation, mésinformation. Donc, on va travailler là-dessus.

«On a un projet sur la rougeole, ajoute-t-elle, parce que présentement, on le voit, avec le fait qu'on dit que les vaccins de rougeole donnent l'autisme et on a aussi eu, post-COVID, un creux au niveau de la vaccination.»

Dre Liu, qui est aussi professeure au département de santé mondiale et de santé publique à l'Université McGill, précise qu'il faut plus de 94 % des gens vaccinés pour que la population soit protégée contre la rougeole. «On est loin de ça, on est loin du compte», lâche-t-elle.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

app-store-badge google-play-badge