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Un homme est reconnu coupable du meurtre de son ex-femme en Colombie-Britannique

durée 21h42
26 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

Vitali Stefanski, l'homme accusé du meurtre de son ex-femme, Tatjana Stefanski, a été déclaré coupable vendredi par un jury en Colombie-Britannique.

Il s’agissait d’une décision unanime rendue moins d’une journée après que les jurés eurent reçu les instructions du juge Bradford Smith.

Ce verdict intervient plus de deux ans après l’arrestation de Stefanski dans la forêt aux abords de Lumby, en Colombie-Britannique, le 14 avril 2024, au lendemain de la disparition de son ex-femme, avec laquelle il avait deux enfants.

Il avait toutefois été remis en liberté sous conditions, et les habitants de Lumby, une commune d’environ 2000 habitants située dans les collines du nord de l’Okanagan, dans l’intérieur de la Colombie-Britannique, avaient déclaré vivre dans la peur après cette arrestation.

Ce n’est que plus d’un mois plus tard, le 31 mai, que Stefanski a été accusé de meurtre et placé à nouveau en détention.

Avant la délibération de jury, l'accusé, s'étant départi de son avocat au cours des procédures judiciaires, a pris la parole pour livrer sa plaidoirie finale lors de son procès devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique à Kamloops.

Vitali Stefanski a déclaré avoir des réponses à apporter concernant bon nombre des circonstances entourant le décès de son ex-femme.

Il a expliqué qu’il était entré dans son Audi noire en enjambant Tatjana, assise sur le siège passager, comme le montre une vidéo de surveillance, non pas pour l’empêcher de s’enfuir, mais parce qu’elle saignait du nez et qu’il voulait lui porter secours.

Il a expliqué avoir pris la direction opposée à celle de l’hôpital le plus proche en raison de la façon dont sa voiture était garée, en travers de son allée.

Ses blessures causées par son couteau de pêche ? Elle s’était poignardée elle-même, a-t-il déclaré, «comme un suicide».

Quant à l’hypothèse selon laquelle il aurait abandonné son corps, retrouvé le lendemain au bord d’un chemin forestier rural, l'accusé a indiqué aux jurés qu’il essayait de la remettre dans le véhicule lorsqu’elle a «glissé» le long d’un talus.

Le jury s’est toutefois rangé du côté des procureurs de la Couronne, qui leur avaient fait valoir que les explications de Stefanski défiaient le bon sens. Les jurés l'ont déclaré coupable de meurtre au deuxième degré.

Après le verdict, le juge Smith a demandé aux jurés de formuler des recommandations concernant l'admissibilité à la libération conditionnelle — M. Stefanski encourt une peine obligatoire d’emprisonnement à perpétuité, et le délai avant d’être admissible à la libération conditionnelle doit être d’au moins dix ans.

Il les a exhortés à prendre en considération la personnalité de M. Stefanski, la nature de l’infraction et les circonstances qui l’entouraient.

«Vous n’êtes pas tenus de formuler une recommandation, mais si vous le faites, je tiendrai compte de celle-ci», a déclaré le juge.

Leur réponse n’a pas été lue à l’audience.

Manque de cohérence et de crédibilité

L'accusé avait été représenté par un avocat pendant la majeure partie du procès, mais M. Stefanski l’a révoqué après que la défense eut terminé la présentation de ses arguments, invoquant une «rupture fondamentale de la relation avocat-client».

M. Stefanski a demandé l’annulation du procès, un procès devant un juge seul ou un ajournement pour se faire représenter par un nouvel avocat. Toutes ces requêtes ont été rejetées. Il a reçu l’ordre de mener à bien le procès sans avocat, et il a prononcé lui-même sa plaidoirie finale avec l’aide d’un amicus curiae, ou «ami de la cour», désigné par le tribunal.

Au cours du procès, la police a témoigné avoir arrêté l'homme sorti pieds nus de la forêt, qui l'a croisée alors que sa voiture était en train d’être remorquée; il aurait alors avoué le meurtre avant de faire un geste en direction du corps.

Stefanski a nié ces faits. «Je n’ai jamais dit cela», a affirmé l'accusé lors de sa plaidoirie finale jeudi.

Il a expliqué au jury que, au moment de son arrestation, il pensait que son ex-femme était peut-être encore en vie. Il a ajouté qu’il avait survécu à ce qu’il a qualifié de tentative de suicide dans une cabane dans les bois, qui ne lui avait causé qu’une seule petite blessure; elle aurait donc pu y survivre elle aussi, puisqu’elle était «une personne forte».

Mais le tribunal a appris que Tatjana Stefanski avait reçu sept coups de couteau à la poitrine, qui avaient touché son cœur et ses poumons et entraîné sa mort. Le procès a révélé qu’elle avait également subi de multiples «blessures par objet tranchant» aux bras et aux jambes, ainsi que des blessures aux mains qui, selon le médecin légiste Eric Bol, correspondaient à des blessures «de type défensif».

Mercredi, dans son réquisitoire, la procureure de la Couronne Laura Drake a souligné au jury que la seule conclusion raisonnable que l’on pouvait tirer des éléments de preuve était que Stefanski avait poignardé son ex-femme à mort.

Le fils et la fille de l’ancien couple, aujourd’hui âgés de 11 et 18 ans, ont témoigné contre leur père lors du procès, auquel a également assisté le compagnon de Tatjana, Jason Gaudreault, qui a désormais la garde des enfants.

Au cours du procès, un message vocal en russe laissé par Vitali Stefanski à sa fille, Selina Martin, le matin de la disparition de leur mère, a été diffusé. Il y disait à sa fille qu’elle et son petit frère allaient se retrouver seuls et que leur mère avait «détruit nos vies».

Lors de son contre-interrogatoire, Vitali Stefanski a nié qu’il s’agisse d’un message d’adieu.

Bien qu’il ait clamé son innocence tout au long du procès et nié avoir causé le moindre préjudice à son ex-femme, il a reconnu qu’elle ne semblait pas blessée lorsqu’elle est embarquée dans son Audi, mais qu’elle semblait sans vie lorsqu’il l’a sorti de la voiture près de la route forestière.

Il a finalement fait valoir qu’il avait paniqué et pris de mauvaises décisions, mais qu’il n’était «qu’un simple témoin».

Le jury n’était pas de cet avis.

Stefanski comparaîtra à nouveau devant le tribunal le 13 juillet afin de fixer la date du prononcé de la peine.

Brieanna Charlebois, La Presse Canadienne

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