Un fournisseur d'armement acquitté dans l'affaire de l'agression d'une manifestante

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Un juge d'un tribunal de l'Ontario a prononcé mercredi un acquittement en faveur d'un ancien militaire britannique et fournisseur d'armement, dans le cadre d'une affaire d'agression contre une jeune manifestante propalestinienne lors d'un salon consacré au matériel militaire dans la capitale nationale.
David Henschel, 58 ans, avait plaidé coupable l’année dernière d’une agression survenue en 2024 lors du salon annuel de l’armement CANSEC à Ottawa, au cours duquel il avait frappé une femme à la tête, la faisant tomber à terre.
La Couronne avait requis deux ans moins un jour de prison, trois ans de mise à l’épreuve et l’interdiction de se rendre au Canada.
Le procureur adjoint de la Couronne, Moiz Karimjee, a fait valoir que cette agression avait bouleversé la communauté musulmane locale et la diaspora palestinienne d’Ottawa, et qu’elle avait été motivée par des attitudes racistes et haineuses.
Le juge Norman Boxall n’a pas souscrit à l’argument selon lequel l’incident était de nature raciste et a fait droit à la demande de la défense visant à ce qu’aucune condamnation ne soit prononcée. Il a déclaré que les actes de M. Henschel constituaient une «réaction de frustration et d’émotion» dans le feu de l’action et que celui-ci avait depuis manifesté des remords.
Les partisans de la victime qui assistaient à l’audience ont eu le souffle coupé en entendant le verdict, et plusieurs personnes présentes dans la salle ont crié leur colère à la fin de l’audience.
M. Henschel encourt désormais une amende de 5000 $ pour ne pas s’être présenté en personne à l’audience de détermination de la peine la semaine dernière.
Me Karimjee a déclaré aux journalistes que la peine était «manifestement inappropriée» et que le ministère public avait déjà interjeté appel.
L’avocat de la défense, James Foord, a indiqué aux journalistes à la sortie du tribunal après le verdict que c’était un «soulagement» pour son client que «cette affaire soit enfin close après de très nombreuses années de stress».
M. Henschel, qui réside en Suisse et travaillait pour l’entreprise d’armement Rheinmetall Waffe Munition Schweiz AG, s’était rendu au Canada pour le salon de 2024.
Le jour où l’agression a eu lieu, M. Henschel avait croisé plusieurs manifestants alors qu’il se rendait à pied de son hôtel au centre de conférences où se tenait le salon de l’armement, selon l’exposé conjoint des faits.
Selon cet exposé, M. Henschel est passé à côté d’un manifestant et lui a dit «Shalom». Le manifestant a crié «Libérez, libérez, libérez la Palestine !» et a provoqué M. Henschel en lui demandant de le frapper.
Un autre manifestant l’a accusé d’être un «raciste». L’exposé conjoint des faits indique que M. Henschel a répondu qu’il était «raciste» et «fier de l’être».
Après cela, il a traversé la rue et une Canadienne d’origine palestinienne portant un hijab s’est rapidement approchée de lui pour lui dire que le fait d’assister au salon revenait à soutenir un génocide.
Il a répondu: «Shalom», et elle a dit: «Honte à vous, monsieur.»
M. Henschel a balancé son bras dans sa direction et l’a frappée au visage avec le poing fermé, selon l’exposé conjoint des faits.
Des passants ont filmé la scène et partagé des extraits sur les réseaux sociaux, qui ont été versés au dossier comme éléments de preuve devant le tribunal.
Après l’avoir frappée, M. Henschel s’est éloigné et a poussé un autre manifestant à terre. Puis une autre personne l’a frappé à la tête avec un mégaphone avant qu’il ne soit arrêté.
Dans son témoignage lors du procès, la jeune femme agressée — Sali Hashem, 21 ans — a déclaré à la cour que l'homme aurait pu simplement «passer son chemin comme tout le monde», mais qu’il avait choisi de la frapper. Lorsqu’elle a repris ses esprits, a-t-elle raconté, elle avait les oreilles qui bourdonnaient et ressentait une vive douleur.
Kyle Duggan, La Presse Canadienne