Un conseiller municipal poursuit le maire de Vancouver pour diffamation

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Par La Presse Canadienne, 2026
VANCOUVER — Le conseiller municipal de Vancouver, Sean Orr, poursuit le maire, Ken Sim, pour diffamation. Ce dernier l'a accusé de distribuer des stupéfiants, des propos que le conseiller qualifie de manœuvres politiques.
La poursuite, déposée devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique, allègue que M. Sim a agi «délibérément, malicieusement et de mauvaise foi» lorsqu'il a déclaré à des journalistes sinophones, le 6 février, que M. Orr avait distribué de la drogue le jour de Noël.
Devant le palais de justice de Vancouver, mardi, M. Orr a affirmé que M. Sim avait menti publiquement à son sujet et n'avait «fourni aucune explication raisonnable».
Il a qualifié le comportement de M. Sim de «désinvolte et irresponsable». «Les mensonges de Ken Sim se sont répandus dans notre ville jusqu'à aujourd'hui, touchant potentiellement des milliers de personnes qui n'ont peut-être pas entendu ses excuses et qui ignoraient peut-être même qu'il mentait», a déclaré M. Orr.
«Vous m'avez entendu le dire: qui fait ce genre de chose? Est-ce dû à de l'incompétence ou était-ce intentionnel? Dans les deux cas, c'est indigne d'un maire», s'est-il exclamé.
M. Orr a expliqué avoir décidé de porter plainte, car l'enjeu était une question de démocratie, de responsabilité et d'exigence envers la fonction de maire.
«Et je suis prêt à aller jusqu'au bout, quel que soit le temps que cela prendra», a affirmé M. Orr.
Il a ajouté que les propos de M. Sim avaient gravement nui à sa réputation et compromis sa capacité à servir ses électeurs.
Sean Orr a confié que lorsqu'il parcourt son quartier et salue les gens, il se demande ce qu'ils voient: le conseiller qu'ils ont élu ou le criminel «inventé par leur maire».
«À cause des propos de Ken Sim, les gens ont perdu confiance en moi sans que j'y sois pour rien, ce qui jette une ombre sur cette élection et sur ma vie par la suite», a souligné M. Orr.
Des élections municipales auront lieu en octobre prochain en Colombie-Britannique et, selon la poursuite, M. Sim a tenu ces propos avec l'«arrière-pensée» d'en tirer un avantage politique.
M. Orr, socialiste qui a obtenu le plus grand nombre de voix lors d'une élection partielle au conseil municipal en 2025, a déclaré que M. Sim «s'en prenait au mouvement qui m'a fait élire».
«Son but n'est pas de me battre, mais d'effrayer les gens pour leur faire croire que des gens comme nous n'ont pas leur place au pouvoir», a énoncé M. Orr.
Il a également déclaré que la poursuite vise à faire comprendre au maire et à ses amis que «profiter de nous tous, y compris la communauté chinoise», aura des conséquences.
Il a ajouté que le bureau du maire avait reçu une copie de la poursuite.
Le bureau de M. Sim a indiqué qu'il était au courant de la procédure. «L’affaire étant désormais devant les tribunaux, le maire ne fera aucun autre commentaire», a-t-on indiqué.
M. Sim a expliqué avoir tenu ces propos après avoir omis de vérifier l’authenticité d’une photo qui lui avait été montrée. Le porte-parole du maire a précisé que l’image lui avait été présentée par un citoyen.
Le 3 mars, il a tenu une conférence de presse pour réitérer ses excuses à M. Orr, excuses qu’il affirme avoir présentées par téléphone.
«Je n’ai pas vérifié ce que je croyais voir et, franchement, je n’aurais jamais dû le répéter», a dit M. Sim.
Le conseiller municipal Lenny Zhou, collègue de M. Sim au sein du parti ABC, avait précédemment publié une déclaration dans laquelle il présentait ses «excuses sans équivoque» pour avoir partiellement relayé cette fausse allégation dans une vidéo publiée sur la plateforme de médias sociaux chinoise WeChat aux alentours du 19 février.
La vidéo a été partagée au moins 1700 fois avant que M. Zhou ne la retire.
M. Sim a salué les excuses de M. Zhou à l’époque, mais n’a pas mentionné que c’était lui qui avait lancé la rumeur lors de la table ronde avec les médias à l’hôtel de ville. M. Orr a assuré qu'à sa connaissance, ni M. Zhou ni M. Sim n'avaient présenté leurs excuses sur WeChat.
Nono Shen, La Presse Canadienne