Un ancien présentateur affirme que CBC l'a «réduit au silence et intimidé»

Temps de lecture :
3 minutes
Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Travis Dhanraj, ancien journaliste et présentateur de télévision de CBC, a soutenu mardi devant un comité de la Chambre des communes que la chaîne publique l'avait «réduit au silence et intimidé».
Lorsque M. Dhanraj, qui animait l'émission «Canada Tonight», a annoncé son départ dans un courriel adressé au personnel de CBC en 2025, il a dénoncé ce qu'il qualifiait de culture de «représailles, d'exclusion et de préjudice psychologique».
Plus tard dans l'année, il a déposé une plainte pour violation des droits de la personne contre la société d'État, alléguant une discrimination fondée sur la race, la couleur et le handicap, qui est toujours en cours.
Comparaissant mardi devant le comité du patrimoine de la Chambre des communes, qui étudie la situation du journalisme et des médias au Canada, M. Dhanraj a soutenu que CBC avait créé une «culture toxique où l'intimidation était monnaie courante».
Bien qu'il ait été présenté publiquement comme un «animateur audacieux» issu de la diversité, l'engagement déclaré de CBC en faveur de la diversité «contrastait avec la réalité de la diversité de façade», a-t-il mentionné.
Chuck Thompson, directeur des affaires publiques de la chaîne publique, a indiqué dans une déclaration que M. Dhanraj avait fait «de nombreuses déclarations trompeuses, des descriptions erronées et/ou de fausses allégations au sujet de son passage à CBC».
«Nous avons répondu à la plupart de ces allégations dans une réponse solide et détaillée déposée auprès de la Commission des droits de la personne, qui est l'instance appropriée pour traiter ces plaintes», a-t-il souligné.
«Bien que nous soyons limités dans ce que nous pouvons dire pour des raisons de confidentialité et de respect de la vie privée, la CBC rejette catégoriquement les accusations de M. Dhanraj à l'égard de CBC News, de nos journalistes et de notre direction», a-t-il précisé.
M. Thompson a ajouté que les journalistes David Cochrane et Rosemary Barton «ainsi que nos responsables de l'information bénéficient du soutien total et indéfectible de CBC».
Dans une vidéo publiée la semaine dernière sur la page YouTube de son balado «Can't Be Censored», M. Dhanraj a fait savoir qu'il prévoyait de «citer des noms, décrire des décisions et brosser un tableau plus précis de ce qui s'est passé au sein de la CBC» pour la commission.
Mardi, il a parlé de plusieurs journalistes et membres de la direction de CBC.
M. Dhanraj figurait sur la liste des témoins aux côtés de plusieurs autres responsables des médias, qui ont abordé diverses questions liées à l'industrie, telles que l'intelligence artificielle et le manque de ressources pour le journalisme local. D'autres ont parlé de CBC/Radio-Canada et de sa place dans le paysage médiatique canadien.
Le directeur général du groupe Les Amis des médias canadiens, Raj Shoan, a mentionné dans son discours d'ouverture qu'«un système médiatique sain est essentiel à une démocratie saine».
«La situation du journalisme au Canada est mauvaise et, dans la plupart des communautés, elle continue de se détériorer», a affirmé M. Shoan, soulignant que des médias locaux ont fermé leurs portes et que les salles de rédaction ont vu leurs effectifs réduits.
«Il ne s'agit pas simplement d'une transition dans le secteur. Il s'agit d'un déficit démocratique», a-t-il ajouté.
Évoquant son passage à CBC, M. Dhanraj a déclaré mardi que certaines personnes décidaient qui pouvait participer aux émissions, y compris la sienne.
Il a également indiqué qu'il y avait eu «des épisodes répétés de blocage des conservateurs».
«Je n'avais tout simplement pas le droit de décrocher le téléphone et de parler aux conservateurs», a-t-il soutenu, en réponse à une question sur le fait qu'on l'avait empêché d'interviewer le chef conservateur Pierre Poilievre.
«On m'a accusé d'être venu ici pour faire la promotion des conservateurs. Je ne suis pas un promoteur des conservateurs, je suis désolé. Je ne suis pas non plus un promoteur des libéraux. J'essayais de faire mon travail de journaliste, et cela implique notamment d'être impartial», a-t-il lancé.
M. Dhanraj estime qu'il faut une «refonte» de la direction de CBC.
«Tant que la direction ne reconnaîtra pas le problème, rien ne changera, a-t-il soutenu. Les bons éléments partent, ils sont poussés vers la sortie et leurs préoccupations sont ignorées parce qu'il s'agit de protéger la réputation.»
Catherine Morrison, La Presse Canadienne