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Trump signe un décret visant à accélérer l'examen des psychédéliques

durée 23h34
18 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

Le président Donald Trump a demandé samedi à son administration d'accélérer l'examen de certaines drogues psychédéliques, dont l'ibogaïne, qui a récemment été adoptée par des vétérans de guerre et des législateurs conservateurs malgré les risques graves qu'elle présente pour la santé.

L'ibogaïne et d'autres psychédéliques restent interdits et relèvent de la catégorie la plus restrictive du gouvernement fédéral pour les drogues illégales à haut risque. Toutefois, l'administration prend des mesures pour assouplir les restrictions et encourager la recherche sur l'utilisation de ces substances à des fins médicales, notamment pour traiter des troubles tels que la dépression sévère.

«Le décret d'aujourd'hui permettra aux personnes souffrant de symptômes invalidants d'avoir enfin une chance de reprendre leur vie en main et de mener une existence plus heureuse», a affirmé M. Trump en signant un décret sur ces substances.

Le président républicain a dit que sa directive contribuerait à «accélérer considérablement» l'accès à des traitements potentiels. «Si ces traitements s'avèrent aussi efficaces que ce que l'on en dit, cela aura un impact considérable», a-t-il ajouté.

Des associations d’anciens combattants et les défenseurs des psychédéliques soutiennent depuis longtemps que l’ibogaïne, issue d’un arbuste originaire d’Afrique de l’Ouest, est très prometteuse pour des pathologies difficiles à traiter telles que le syndrome de stress post-traumatique et la dépendance aux opioïdes.

L'annonce du président Trump fait suite aux engagements pris par le secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr. et d'autres responsables de l'administration visant à faciliter l'accès aux psychédéliques à des fins médicales, une question qui a bénéficié d'un rare soutien bipartisan.

Aux côtés de M. Trump dans le bureau ovale se trouvaient ses principaux responsables de la santé, l'animateur de balado conservateur Joe Rogan et Marcus Luttrell, l’ancien Navy SEAL dont les mémoires sur une mission meurtrière en Afghanistan ont inspiré le film «Le seul survivant».

M. Rogan a dit avoir envoyé à M. Trump des informations sur l’ibogaïne par texto, et le président lui a répondu: «Ça a l’air génial. Tu veux l’autorisation de la FDA ? Allons-y.»

«Vous allez sauver beaucoup de vies grâce à cela, a affirmé M. Luttrell à M. Trump lors de la cérémonie. Cela a complètement changé ma vie pour le mieux.»

La Food and Drug Administration (FDA) délivrera la semaine prochaine des «bons de priorité nationale» pour trois psychédéliques. Selon le commissaire de l’agence, Marty Makary, cela permettra d’approuver rapidement certains médicaments «s’ils correspondent à nos priorités nationales». Ces bons peuvent réduire les délais d’examen de plusieurs mois à quelques semaines. C’est la première fois que la FDA propose cette procédure accélérée pour des psychédéliques.

La FDA prend également des mesures pour ouvrir la voie aux tout premiers essais cliniques sur l’ibogaïne aux États-Unis.

La décision du président Trump a surpris de nombreux défenseurs et chercheurs de longue date dans le domaine des psychédéliques, étant donné que l’ibogaïne est connue pour provoquer parfois des problèmes cardiaques potentiellement mortels. Les Instituts nationaux de la santé (NIH) ont brièvement financé des recherches sur ce médicament dans les années 1990, mais ont interrompu ces travaux en raison de la «toxicité cardiovasculaire» de l’ibogaïne.

«Il a été extrêmement difficile d’étudier l’ibogaïne aux États-Unis en raison de sa cardiotoxicité connue», a expliqué Frederick Barrett, directeur du Centre Johns Hopkins pour la recherche sur les psychédéliques et la conscience.

«Si ce décret présidentiel peut ouvrir la voie à des recherches scientifiques objectives sur ce composé, cela nous aiderait à comprendre s’il s’agit véritablement d’une meilleure thérapie psychédélique que les autres.»

Aucun psychédélique n’a été approuvé aux États-Unis, mais plusieurs d’entre eux font l’objet d’essais cliniques à grande échelle pour diverses affections de santé mentale, notamment la psilocybine, la MDMA et le LSD. Toutes ces substances restent illégales, classées comme substances de l’annexe I au même titre que des drogues telles que l’héroïne. Deux États — l’Oregon et le Colorado — ont légalisé la thérapie psychédélique à base de psilocybine.

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Le département Santé et Sciences de l'Associated Press bénéficie du soutien du département d'éducation scientifique de l'Institut médical Howard Hughes et de la Fondation Robert Wood Johnson. L'AP est la seule responsable de l'ensemble du contenu.

Matthew Perrone et Seung Min Kim, The Associated Press

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