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Trudeau «choqué» qu'une société se vante de pouvoir produire et vendre de la cocaïne

Trudeau «choqué» qu'une société se vante de pouvoir produire et vendre de la cocaïne
Photo: La Presse Canadienne, 2023

VICTORIA — Le premier ministre Justin Trudeau s'est dit «choqué», tout comme le premier ministre de la Colombie-Britannique, qu'une entreprise se targue de modifications à sa licence de Santé Canada qui lui permettrait de produire et vendre de la cocaïne.

M. Trudeau a indiqué vendredi que le gouvernement fédéral discutait avec Adastra Labs, de Langley, en Colombie-Britannique, afin de changer le libellé de ses communiqués de presse pour éviter à l'avenir tout malentendu. 

L'entreprise avait indiqué jeudi qu'elle cherchait des moyens d'intégrer la cocaïne dans son plan d'affaires. M. Trudeau a assuré qu'il n'était pas question de permettre à des compagnies de vendre ces drogues sur le marché. 

Une autre entreprise de la Colombie-Britannique a aussi affirmé récemment qu'elle était désormais autorisée à produire, vendre et distribuer de la cocaïne et de l'ecstasy, bien que Santé Canada affirme qu'elle ne peut pas vendre ces drogues illégales au grand public.

Sunshine Earth Labs, de Victoria, une entreprise de biosciences qui «vise à apporter un approvisionnement plus sûr en drogues sur le marché mondial», soutient qu'elle a obtenu l'année dernière une modification à sa licence de distributeur relative aux «drogues et substances contrôlées» afin d'inclure l'ecstasy et la cocaïne.

Dans une déclaration écrite, le ministère fédéral de la Santé précise qu'il «examine attentivement les demandes» pour s'assurer que les titulaires de licences respectent toutes les politiques existantes en matière de santé et de sécurité publiques.

Santé Canada affirme que la licence d'Adastra Labs a été délivrée «uniquement à des fins scientifiques et médicales», et que les titulaires de licence ne peuvent vendre ces substances qu'à des personnes autorisées à les posséder.

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«Santé Canada a contacté l'entreprise pour réitérer les paramètres très étroits de sa licence, indique le ministère. Si les exigences strictes ne sont pas respectées, Santé Canada n'hésitera pas à prendre des mesures, qui peuvent inclure la révocation de la licence.»

La controverse a éclaté après qu'Adastra Labs a annoncé, le 17 février, que Santé Canada avait accepté de modifier sa licence afin de produire, vendre et distribuer de la cocaïne.

«C'est vrai que Santé Canada permet à certaines compagnies pharmaceutiques, pour des besoins de recherche et des besoins médicaux extrêmement limités, l'utilisation de ce produit-là, a indiqué M. Trudeau vendredi. Mais il n'y a aucune intention, il n'y a aucune permission de vendre ça sur le marché et de partager ça avec les Canadiens.

«Ça a été un manque de compréhension, je pense, dans le communiqué de presse [de la compagnie] et on est en train de rectifier le tir là-dessus parce que ce n'est pas quelque chose qu'on cautionne en tant que pays.» 

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, déclarait jeudi qu'il était «stupéfait» par cette nouvelle. Il indiquait alors que son gouvernement n'avait pas été avisé ni consulté par Santé Canada.

M. Eby a assuré que cette licence «ne faisait pas partie de notre plan provincial», faisant référence aux efforts actuels du gouvernement pour endiguer le taux de mortalité par surdose — six personnes en moyenne en sont mortes chaque jour en Colombie-Britannique en 2022.

La politique de décriminalisation des drogues en Colombie-Britannique, entrée en vigueur fin janvier, permet aux personnes de 18 ans et plus de posséder jusqu'à 2,5 grammes d'opioïdes, de cocaïne, de méthamphétamine et d'ecstasy sans être poursuivies au criminel.

La Presse Canadienne