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Stephen Lewis laisse derrière lui un héritage de lutte contre le sida

durée 12h31
1 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

TORONTO — Stephen Lewis a sensibilisé l'opinion publique canadienne à la crise du sida en Afrique et a mobilisé la volonté politique pour que le pays passe à l'action, ont déclaré des experts à la suite de son décès mardi.

M. Lewis, qui a consacré sa vie à la défense de la justice sociale, était âgé de 88 ans.

La Dre Adrienne Chan, qui travaille dans le secteur du VIH depuis plus de deux décennies, a raconté se souvenir de la frustration qu’elle avait ressentie lorsqu'elle était encore docteure en résidence des maladies infectieuses et qu'elle a vu ce qui se passait en Afrique.

Des dizaines de millions de personnes sur le continent mouraient parce qu’elles n’avaient pas accès aux médicaments vitaux dont disposaient ses patients au Canada et il lui semblait que personne ne faisait rien pour y remédier.

C'est alors que Stephen Lewis est intervenu pour amplifier la voix des communautés sur le terrain et interpeller les dirigeants.

«Je pense que ce que M. Lewis a su faire, c’est utiliser sa position pour comprendre le contexte mondial, comprendre les acteurs mondiaux, mais aussi prendre conscience du rôle qu'il avait à jouer pour faire entendre la voix des personnes qu’il rencontrait sur le terrain», a déclaré Mme Chan.

Après avoir dirigé le Nouveau Parti démocratique de l’Ontario dans les années 1970, Stephen Lewis a occupé plusieurs postes diplomatiques, notamment celui d’envoyé spécial des Nations unies pour le sida en Afrique de 2001 à 2006.

Il a alors agi de manière très différente des autres hauts fonctionnaires des Nations unies, selon David Morley, coprésident de la Fondation Stephen Lewis, créée par M. Lewis en 2003.

M. Lewis s’est rendu en Afrique subsaharienne pour comprendre les véritables conséquences de cette pandémie sur les communautés, puis il a mis à profit ses solides compétences en communication pour raconter leurs histoires et dénoncer le silence des dirigeants, interpellant les gouvernements africains et accusant le G8 de tourner le dos à l’Afrique.

«Il citait des noms. Il dénonçait les institutions internationales. Il soutenait les populations locales, les grands-mères qui avaient perdu leurs enfants et devaient désormais élever leurs petits-enfants. Il n’y avait aucune autre voix comme celle de Stephen dans le monde», a affirmé M. Morley.

La manière dont M. Lewis a amplifié la voix des grands-mères a touché Lisbie Rae, qui a rejoint sa campagne «Grandmothers to Grandmothers» en 2007.

Un an plus tôt, lors de la Conférence internationale sur le sida de 2006, M. Lewis avait réuni 100 grands-mères africaines et 200 grands-mères canadiennes à Toronto.

«Ce fut le début d’un mouvement puissant et efficace», a raconté Mme Rae, qui a participé à la campagne «Grandmothers to Grandmothers» de M. Lewis à partir de 2007.

En repensant à l’empreinte que M. Lewis a laissée sur cette «période horrible de l’histoire de l’humanité», M. Morley a déclaré: «Stephen était la personne idéale pour rassembler à la fois la compassion, l’humanité et la colère face à l’injustice.»

«Quel héritage incroyable cet homme nous a laissé.»

La couverture santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Hannah Alberga, La Presse Canadienne

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