Smith demande que les grands projets soient approuvés plus rapidement

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Par La Presse Canadienne, 2026
EDMONTON — La première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, exhorte Ottawa à accélérer le processus d'approbation des grands projets, souhaitant que les demandes soient approuvées dans un délai de six mois.
Le Bureau des grands projets du premier ministre Mark Carney, créé l'an dernier, vise actuellement à achever les examens réglementaires en deux ans.
Dans une lettre adressée à M. Carney et diffusée sur les médias sociaux vendredi, Mme Smith a déclaré que deux ans représentent un délai trop long, compte tenu de la récente capture par les États-Unis du président vénézuélien Nicolas Maduro et du projet du président américain Donald Trump d'accroître la production pétrolière au Venezuela.
«La reprise de la production de pétrole brut vénézuélien, soutenue par les investissements américains, augmentera à terme la quantité de pétrole lourd destinée aux raffineries américaines et concurrencera directement la production canadienne pour les capacités de raffinage limitées», a-t-elle soutenu.
La première ministre, qui a affirmé avoir eu une rencontre «positive» avec M. Carney vendredi au sujet de la situation au Venezuela, a déjà déclaré que la capture de Maduro montrait la nécessité de nouveaux oléoducs, dont un vers la côte ouest proposé et planifié par son gouvernement.
Dans sa lettre, Mme Smith indique qu'une demande d'autorisation pour un tel oléoduc sera déposée d'ici juin et sollicite une approbation au plus tard cet automne.
Le chef conservateur, Pierre Poilievre, a réclamé une approbation encore plus rapide du projet d'oléoduc albertain, affirmant qu'Ottawa devrait donner son accord dans les 60 jours suivant la réception de la demande.
Le tracé de l'oléoduc et le promoteur du secteur privé restent à déterminer.
Mme Smith a dit dans sa lettre que «dans le contexte géopolitique actuel, des délais allant jusqu'à deux ans sont encore beaucoup trop longs» et exposent le Canada à des risques, d'autant plus que les États-Unis accélèrent leurs propres projets pétroliers et gaziers.
«Tout retard risque de faire perdre des parts de marché, de compromettre les investissements et de nuire à la compétitivité du Canada dans un paysage énergétique mondial en pleine mutation.»
Vendredi, le président Trump a rencontré les dirigeants de 17 grandes compagnies pétrolières, déclarant s'attendre à des investissements d'au moins 100 milliards $ US pour accroître la production au Venezuela.
Le président a également promis la «protection gouvernementale» de ces investissements, affirmant que les États-Unis étaient en mesure de collaborer avec Delcy Rodriguez, la présidente par intérim du Venezuela, et que les entreprises traiteraient directement avec son administration en matière de production pétrolière.
Dans sa lettre, Mme Smith indique qu'il existe une demande avérée pour le pétrole lourd de l'Alberta en Asie et qu'un nouvel oléoduc, ainsi qu'un agrandissement de l'oléoduc Trans Mountain existant reliant sa province à la côte de la Colombie-Britannique, permettrait d'attirer de nouveaux investissements et de stabiliser les prix du pétrole, un facteur déterminant pour l'équilibre budgétaire de son gouvernement.
«En tant que démocratie stable produisant un pétrole parmi les plus modernes, les plus efficaces et les moins polluants au monde, le Canada est idéalement placé pour accroître considérablement son rôle sur les marchés mondiaux de l'énergie», a écrit Mme Smith.
«Le gouvernement fédéral doit agir sans tarder pour saisir cette occasion, préserver la sécurité économique à long terme et assurer notre avenir énergétique.»
Le pétrole canadien encore concurrentiel, selon Carney
Les questions adressées au bureau de M. Carney concernant la demande de Mme Smith pour une approbation plus rapide des projets ont été transmises à une porte-parole du ministre de l'Énergie, Tim Hodgson.
Charlotte Power, attachée de presse de M. Hodgson, a déclaré que le gouvernement collaborait avec l'Alberta afin d'assurer un processus d'approbation «clair et efficace» pour le pipeline de bitume.
«En ce qui concerne les échéanciers précis, nous n'en sommes qu'aux prémices, mais nous avons hâte de poursuivre les discussions avec l'Alberta, la Colombie-Britannique et les communautés autochtones», a-t-elle indiqué vendredi, dans une déclaration.
M. Carney a dit aux journalistes à Paris mardi qu'il estimait que le pétrole canadien demeurerait concurrentiel, malgré le retrait du président Maduro, en raison de son faible risque et de son faible coût.
Mme Power a précisé que le gouvernement continuait de suivre l'évolution de la situation, mais elle a ajouté qu'il était «trop tôt pour spéculer sur les répercussions sur l'industrie pétrolière canadienne».
«Quels que soient les impacts potentiels à long terme, notre gouvernement prend des mesures audacieuses pour transformer notre économie et notre industrie énergétique en une économie diversifiée, indépendante et résiliente aux chocs mondiaux.»
— Avec des informations de l'Associated Press
Jack Farrell, La Presse Canadienne