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Sirop d'érable frelaté: l'UPA s'inquiète de l'impact sur la réputation de l'industrie

durée 11h44
16 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

ST HYACINTHE — Le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Martin Caron, se désole du tort causé à la réputation des acériculteurs à la suite du dévoilement, par Radio-Canada, que l’un d’entre eux, Steve Bourdeau, de Saint-Chrysostome en Montérégie, «coupait» son sirop d'érable avec jusqu’à 50 % de sucre de canne.

«Les producteurs acéricoles, ils ont une fierté. Ce sont des gardiens de patrimoine de génération en génération. Quand ça arrive une situation comme ça, les gens peuvent remettre en question toute cette communauté-là qui est fière d'avoir un produit de qualité. Et puis là, du jour au lendemain, ça soulève le doute», a-t-il déclaré en entrevue avec La Presse Canadienne, jeudi.

«Je peux comprendre les gens, les consommateurs qui se posent des questions, a-t-il poursuivi, mais je veux les rassurer en même temps parce que les gens mettent quand même leur nom sur les étiquettes, c'est une fierté. Autant qu’ici, au Québec, on met notre nom sur les silos, sur les fermes, autant les producteurs acéricoles sont fiers de mettre leur érablière sur les cannes. Un producteur veut avoir un produit de qualité par rapport à ça.»

Il note que cet incident survient alors que la consommation de sirop d’érable est en hausse non seulement au Québec, mais aussi à l’échelle planétaire. «Ça nous amène à dire, que ce soit avec le ministère de l'Agriculture (du Québec) ou avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments, il va falloir trouver une façon de faire pour contrôler davantage ces aspects-là pour ne pas que ça arrive», avance-t-il.

Une pratique de vente marginale

Il rappelle toutefois que tout le sirop qui se retrouve dans ce que l’industrie appelle la réserve stratégique de sirop d’érable est analysé avant d’y être entreposé. «Les gens là-bas n'ont eu aucun sirop qui a été altéré en je ne sais pas combien d'années. Il n'y a jamais eu rien. Les gens qui y envoient des bidons, il y a des tests qui sont faits. Il n'y a pas eu d'altération. La réserve stratégique a un contrôle vraiment efficace présentement.»

Il faut préciser que Steve Bourdeau vendait directement son sirop aux détaillants et épiciers, évitant ainsi les contrôles des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ). Or, seulement 2 % des volumes de sirop d’érable sont distribués de cette manière.

Il s’agit d’ailleurs de la première fois de leur histoire que les PPAQ sont confrontés à une falsification du sirop d’érable. La réputation des producteurs québécois est cruciale dans un marché où le Québec est responsable de 72 % de la production mondiale du nectar ambré.

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne

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