Sarai condamne «l'invasion illégale» d'Israël au Liban et annonce une nouvelle aide

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Par La Presse Canadienne, 2026
Randeep Sarai a condamné ce qu’il a qualifié d’«invasion illégale» du Liban par Israël, affirmant que Beyrouth devait gérer son propre territoire et exercer sa souveraineté sur ses terres.
Le secrétaire d’État canadien au Développement international a tenu ces propos lors d'une visite au Liban pour annoncer une nouvelle aide humanitaire à ce pays en proie à la crise. Selon l’ONU, quelque 360 000 personnes y sont toujours déplacées à la suite du dernier conflit entre Israël et le Hezbollah, groupe militant libanais soutenu par l’Iran.
«Nous avons travaillé activement, je pense, par la voie diplomatique pour faire tout ce qui est en notre pouvoir afin de mettre un terme à cette situation et de permettre aux communautés libanaises originaires de ces régions de pouvoir rentrer chez elles», a déclaré M. Sarai lors d'une entrevue accordée mardi soir à l'Associated Press.
La dernière guerre entre Israël et le Hezbollah a éclaté lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes sur le nord d’Israël le 2 mars, deux jours après le début des attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Ce conflit a fait plus de 4000 morts, causé d’importantes destructions dans le sud du Liban et, à un moment donné, provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes.
Israël a lancé une invasion terrestre et occupe désormais des dizaines de villes et de villages du sud du Liban, dont beaucoup ont été presque entièrement détruits. Les responsables israéliens ont déclaré qu’ils ne se retireraient pas du Liban tant que le Hezbollah ne serait pas désarmé.
Le Canada a critiqué les actions militaires d’Israël à Gaza et au Liban. Il classe le Hezbollah parmi les organisations terroristes et a condamné ses attaques contre Israël.
Au cours de sa visite, M. Sarai a annoncé que le Canada lançait trois nouveaux programmes au Liban pour venir en aide aux familles et aux femmes en situation de vulnérabilité. Cette annonce porte le montant total de l'aide du Canada à ce pays depuis le début de l'année à plus de 71 millions $.
Le Canada, qui accueille une importante diaspora libanaise, a versé au Liban environ 800 millions $ d’aide au cours des dix dernières années, dont près de 38 millions $ en mars pour fournir des produits de première nécessité, tels que de la nourriture, des soins médicaux et des services de santé, a précisé M. Sarai.
«Notre engagement s’inscrit dans la durée, et nous sommes aux côtés du Liban», a mentionné le secrétaire d'État, qui s’est rendu, au cours de sa visite, dans des centres d’accueil hébergeant des personnes déplacées par la guerre et des réfugiés syriens.
M. Sarai a également rencontré le président libanais, Joseph Aoun, et le premier ministre, Nawaf Salam, qui ont tous deux pris leurs fonctions l’année dernière en s’engageant à rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire libanais et à mettre en œuvre des réformes pour lutter contre la corruption. Le pays est toujours aux prises avec une crise économique qui a débuté fin 2019 et qui trouve son origine dans des décennies de corruption.
«Il y a beaucoup d’optimisme et j’espère que le Liban sera en mesure de tenir ces engagements, a confié M. Sarai à propos des réformes promises. Le monde entier observe attentivement ce gouvernement, lui apporte son soutien et est optimiste quant à sa capacité à atteindre ces objectifs.»
M. Sarai a indiqué que le Canada s’efforce de contribuer à la création d’un environnement sûr en Syrie, avec un accès à la nourriture, à l’eau potable et à l’école, afin que davantage de réfugiés puissent rentrer chez eux.
«Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour garantir que cet environnement soit sûr lorsqu’ils décideront de rentrer», a expliqué le secrétaire d'État.
Au cours de la guerre civile syrienne, qui a duré près de 14 ans, le Liban a accueilli jusqu'à près de 1,5 million de réfugiés.
Près d’un demi-million de Syriens sont rentrés chez eux depuis la destitution de l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, en décembre 2024, selon la ministre libanaise des Affaires sociales.
Bassem Mroue, The Associated Press