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Santé Canada met en marché un nouveau médicament pour des symptômes du cancer du sein

durée 17h47
17 août 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

TORONTO — Santé Canada a autorisé la mise en marché d’un médicament destiné à traiter les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes chez les patientes atteintes d’un cancer du sein.

L'élinzanétant, commercialisé sous le nom de Lynkuet, a initialement été approuvé en juillet 2025 pour traiter ces symptômes chez les femmes en ménopause, mais une autre étude examinée par le ministère a depuis démontré l'efficacité du médicament chez les patientes atteintes d'un cancer du sein.

Selon la base de données sur les médicaments de Santé Canada, cette nouvelle autorisation est entrée en vigueur vendredi.

Les deux tiers des cancers du sein sont à récepteurs hormonaux positifs, ce qui signifie qu’ils ont besoin d’œstrogène pour se développer. Les oncologues traitent ces cancers en bloquant la production de cette hormone par l’organisme, ce qui provoque souvent des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes.

L’élinzanétant, fabriqué par la pharmaceutique Bayer, est un médicament non hormonal qui les réduit en ciblant directement les neurones susceptibles de devenir hyperactifs en raison d’un manque d’œstrogène.

La Dre Christine Brezden-Masley, directrice médicale du programme de lutte contre le cancer au Sinai Health de Toronto, a affirmé que les femmes atteintes d’un cancer du sein disposaient jusqu’à présent d’options limitées pour soulager leurs bouffées de chaleur et leurs sueurs nocturnes, car elles ne peuvent pas suivre de traitement hormonal substitutif, comme le font d’autres femmes en ménopause.

«L’essai clinique sur l’élinzanétant a été le tout premier à s’intéresser spécifiquement aux patientes atteintes d’un cancer du sein sous traitement anti-œstrogénique», a dit la Dre Brezden-Masley, qui perçoit une rémunération en tant que consultante pour Bayer.

Les patientes atteintes d’un cancer du sein doivent généralement suivre un traitement par comprimés anti-œstrogènes, aussi appelé traitement endocrinien, durant cinq à dix ans, a-t-elle précisé.

La chimiothérapie peut également provoquer une ménopause chez les patientes en bloquant le fonctionnement des ovaires, a expliqué Dre Brezden-Masley.

Des symptômes qui perturbent le quotidien des femmes

Les bouffées de chaleur modérées se caractérisent par une sensation de chaleur accompagnée de transpiration. Celles qui sont sévères consistent en la même chose, mais sont si intenses qu’elles obligent les femmes à interrompre leurs activités.

Elles peuvent être si invalidantes que certaines patientes cessent de prendre leurs médicaments anticancéreux pour mettre fin à ces symptômes, une chose que les oncologues veulent éviter, a soutenu la Dre Brezden-Masley.

Cela a notamment consisté à prescrire certains médicaments hors indication, notamment la gabapentine, un anticonvulsivant, et l’Effexor, un antidépresseur, afin d’essayer d’apporter un certain soulagement à leurs patientes.

«Nous avons un peu ressorti de vieux médicaments qui auraient un genre de bienfait pour nos patients et réduiraient leurs bouffées de chaleur», a dit Dre Brezden-Masley.

Le Dr Dave Cescon, oncologue et chercheur clinicien au Princess Margaret Cancer Centre de Toronto, a dit que les symptômes de la ménopause constituent un problème majeur pour de nombreuses patientes atteintes d’un cancer du sein et qu’«ils n’ont, historiquement, pas été bien pris en charge».

L’examen et l’autorisation par Santé Canada de l’élinzanétant en tant que traitement efficace contre les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes chez les femmes atteintes d’un cancer du sein «seront très utiles», a dit le Dr Cescon, qui n’entretient aucun lien financier avec Bayer.

Laurie Legere, la directrice générale d'un hôpital de Toronto, a découvert une masse dans son sein juste avant son 44e anniversaire, il a 3 ans.

Elle a commencé une chimiothérapie pour réduire la taille de la tumeur avant de la faire retirer chirurgicalement, et c’est à ce moment-là que ses bouffées de chaleur ont commencé.

Celles-ci étaient «vraiment perturbantes», affectant à la fois son sommeil et sa vie quotidienne, car elle a continué à travailler tout au long de son traitement contre le cancer.

«Je commençais à juste, avoir des bouffées de chaleur au beau milieu de réunions ou de présentations», se remémore Mme Legere.

«Le sommeil était vraiment, je pense, le plus difficile, parce qu’on essaie vraiment de (…), on essaie de guérir, on essaie de se reposer, et c’est tout simplement impossible.»

Ces symptômes ont persisté à travers le traitement endocrinien que suit Mme Legere pour prévenir une récidive du cancer.

Elle a été orientée vers une clinique spécialisée dans la ménopause, mais le traitement hormonal substitutif étant hors de question, les médicaments qu’elle a essayés n'ayant soit pas donné de bons résultats, soit provoqué des effets secondaires avec lesquels elle ne peut pas vivre.

Elle a déjà obtenu une prescription pour de l’élinzanétant.

«J'ai hâte d'avoir, espérons-le, une expérience meilleure.»

Un essai clinique réussi

Un porte-parole de Bayer a affirmé lundi que l’élinzanétant n’était actuellement pas pris en charge par l’assurance maladie au Canada et n’a pas communiqué son prix.

L'élargissement de l’autorisation de Santé Canada pour l’élinzanétant, afin d’inclure spécifiquement les femmes atteintes d’un cancer du sein, s’est appuyé sur l’étude OASIS-4 menée par Bayer.

Cet essai clinique de phase III, aléatoire et contrôlé contre le placebo, a porté sur 395 femmes âgées de 18 à 70 ans suivant un traitement endocrinien contre le cancer du sein pendant 52 semaines.

Pour y être admissibles, les participantes devaient vivre des bouffées de chaleur ou des sueurs nocturnes modérées ou sévères au moins 35 fois par semaine.

Les résultats de l’étude ont montré une diminution significative de ces symptômes, ainsi qu’une réduction des troubles du sommeil chez les femmes prenant de l’élinzanétant par rapport à celles recevant un placebo.

À l’issue de l’essai, 91,6 % des participantes ont choisi de poursuivre le traitement par élinzanétant pendant deux années supplémentaires.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Nicole Ireland, La Presse Canadienne

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