Retour sur le feuilleton Keystone XL alors que Trump vante une possible relance

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Par La Presse Canadienne, 2026
CALGARY — La dernière série de droits de douane américains visant le Canada est temporairement suspendue, et les publications du président Donald Trump sur les réseaux sociaux laissent entendre que la relance du projet d'oléoduc Keystone XL, abandonné, entre en ligne de compte dans les négociations en cours.
M. Trump a publié mardi soir, sur sa plateforme Truth Social, que le Canada et les États-Unis «avaient conclu un ACCORD!»
«Le grand oléoduc Keystone XL, enterré il y a longtemps par Sleepy Joe Biden, pourrait bien ressusciter!», a-t-il écrit.
Un message suivant montrait une illustration du président arrachant un oléoduc du sol à côté d’une pierre tombale portant l’inscription «enterré par Biden» et d’un autre panneau indiquant «Oléoduc Keystone. Entièrement gratuit. Énergie. Emplois. L’Amérique d’abord.»
Voici un récapitulatif de cette saga Keystone XL qui dure depuis près de deux décennies et des récentes tentatives de relance:
TransCanada — rebaptisée depuis TC Énergie — a proposé pour la première fois l’extension de Keystone XL en 2008. Ce projet aurait permis d’étendre un oléoduc existant acheminant du pétrole brut depuis Hardisty, en Alberta, vers les raffineries du Midwest américain, et d’offrir un accès direct au plus grand complexe de raffinage au monde, situé sur la côte texane.
L’autorité canadienne de régulation de l’énergie a approuvé le projet en 2010. Au sud de la frontière, la situation était tout autre, les militants ayant fait de ce projet un symbole de la lutte plus large contre le changement climatique.
Cette saga a été marquée par des modifications de tracé, des procès, des affrontements politiques et des manifestations très médiatisées, au cours desquelles des personnalités telles que les actrices Margot Kidder et Daryl Hannah ont été arrêtées devant la Maison-Blanche.
L’ancien président Barack Obama a rejeté le projet — à deux reprises —, mais le président Donald Trump a rétabli son autorisation au cours de son premier mandat. L’ancien président Joe Biden a de nouveau mis fin au projet dès son premier jour à la Maison-Blanche en 2021.
Au cours de son deuxième mandat, le président Trump a déclaré à plusieurs reprises qu’il souhaitait relancer le projet Keystone XL, ce qui a été le cas, d’une certaine manière.
Le réseau existant appartient désormais à South Bow, une société issue de la scission de TC Énergie fin 2024.
South Bow avait auparavant déclaré avoir «tourné la page» sur le projet controversé de Keystone XL, mais qu’elle «continuerait à explorer les opportunités tirant parti de notre corridor existant».
Ce printemps, South Bow a organisé une «open season» — un processus formel visant à solliciter des offres auprès de clients potentiels — pour son projet «Prairie Connector».
Elle a obtenu des engagements fermes sur 20 ans, totalisant 465 000 barils par jour, pour un service de transport garanti depuis Hardisty, en Alberta, jusqu’à la frontière canado-américaine, où le pipeline serait raccordé à un autre projet proposé par Bridger Pipeline vers le Wyoming. Donald Trump a accordé un permis transfrontalier à la société Bridger.
Le Prairie Connector utiliserait environ 150 kilomètres de conduites déjà enfouies du côté canadien, qui étaient initialement destinées au projet Keystone XL, a précisé South Bow. L’entreprise prévoit de prendre une décision finale d’investissement l’année prochaine.
«Au cours des prochains mois, nous nous concentrerons sur la consultation des parties prenantes, la planification de la mise en œuvre, l’affinement des coûts, le financement et l’obtention de la pérennité des autorisations nécessaires pour étayer cette décision», a déclaré Bevin Wirzba, président de South Bow, lors d’une conférence téléphonique sur les résultats trimestriels au début du mois.
Entreprises mentionnées dans cet article : (TSX : SOBO) (TSX : TRP)
Lauren Krugel, La Presse Canadienne