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Rénovation/construction d'écoles: les comtés de la CAQ avantagés, selon Nadeau-Dubois

durée 13h49
25 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

QUÉBEC — Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) priorise les circonscriptions caquistes lorsque vient le temps d'investir en construction et en rénovation d'écoles, avance le député solidaire Gabriel Nadeau-Dubois.

Il a présenté en conférence de presse lundi les résultats d'une enquête qu'il a menée en faisant plusieurs demandes d'accès à l'information intitulée «Le bon parti, les belles écoles?».

Le député de Gouin y soutient que les comtés caquistes ont reçu une part disproportionnée des projets et des investissements en construction et en rénovation d'écoles du Plan québécois des infrastructures (PQI) depuis 2018.

Selon ses calculs, alors que la CAQ détenait environ 64 % des sièges à l'Assemblée nationale au cours des dernières années, ses circonscriptions ont obtenu 72 % des projets et 75 % des investissements totaux en infrastructures scolaires.

Les circonscriptions de la CAQ sont pourtant celles où les écoles sont, en moyenne, les moins vétustes (17 % en moyenne), les plus jeunes (55 ans en moyenne) et les plus favorisées (rang moyen de 5,2) du Québec.

Par ailleurs, 75 % des investissements du PQI en infrastructures scolaires ont été effectués lors des 2 premières années du gouvernement caquiste (2019 et 2020), a-t-il observé.

«Depuis 2018, les comtés caquistes ont reçu bien plus que leur part du gâteau», a déclaré M. Nadeau-Dubois dans un communiqué. Le processus d'attribution des investissements est opaque, il y a un sérieux problème de transparence et d'équité.

«Tous les enfants méritent de belles écoles, peu importe la couleur du député local. L'argent devrait aller là où les besoins sont les plus grands, point final», a-t-il ajouté.

Le député recommande de rendre le processus d'approbation des projets d'infrastructures scolaires plus transparent et plus équitable. Son rapport formule deux recommandations principales:

- Établir clairement des critères stables d'évaluation des projets d'infrastructures scolaires et les rendre publics;

- Rendre publics, en vertu de ces critères, les motifs objectifs qui justifient l'approbation ou le refus des projets par le gouvernement du Québec.

«Les parents, les directions d'école et les élèves ont le droit de savoir pourquoi un projet est accepté, refusé ou reporté. En ce moment, le processus est trop nébuleux.

«Les décisions en infrastructures scolaires ne doivent pas dépendre de l’arbitraire politique, mais des besoins réels des enfants et des communautés», a déclaré M. Nadeau-Dubois.

Sonia LeBel dément

Au cabinet de la ministre de l'Éducation, Sonia LeBel, on rejette les conclusions du rapport Nadeau-Dubois.

«L'analyse des projets d'infrastructure scolaire ne se fait pas en fonction des comtés; elle se fait en fonction des besoins des élèves, sur la base de critères objectifs», affirme-t-on dans un message transmis à La Presse Canadienne.

«On ne pourra jamais donner le feu vert à tous les projets en même temps. On doit respecter la capacité de payer des Québécois. On doit aussi favoriser le maintien d'actifs, effectuer des réparations. On ne peut pas seulement inaugurer de nouvelles écoles.»

Le cabinet soutient que, depuis 2018, le nombre d'enfants à scolariser au Québec a augmenté de 100 000.

La CSQ inquiète

Lundi, le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Éric Gingras, a dit s'inquiéter des conclusions du rapport.

«Pour la CSQ, il est évident que le principe d'équité doit primer en ce qui concerne les dépenses gouvernementales. Ce sont les besoins des élèves et des communautés qui doivent l'emporter, et pas la partisanerie», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Selon lui, 53 % des écoles sont en mauvais état. «En d'autres termes, il est absolument nécessaire d'injecter des sommes additionnelles. Or, il n'y a pas de plan ni de vision à long terme», déplore-t-il.

«Nous réitérons notre demande à l'effet de réunir l'ensemble des partenaires du réseau pour tenir une grande réflexion collective sur l'avenir de l'éducation au Québec et d'établir un plan pour les quinze ou vingt prochaines années.»

Caroline Plante, La Presse Canadienne

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