Québec solidaire dévoile sa vision «inclusive» de l'indépendance dans un manifeste

Temps de lecture :
4 minutes
Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Québec solidaire (QS) a dévoilé vendredi un manifeste sur l'indépendance du Québec, qui propose «une vision nouvelle du projet souverainiste québécois».
Intitulé «Nouveau Québec libre», le document de 14 pages vise à mobiliser de nouveaux appuis en faveur de l'indépendance de la province. Il sera aussi un outil supplémentaire pour promouvoir la vision de QS dans le cadre de la campagne électorale, explique le porte-parole du parti, Sol Zanetti, qui a chapeauté le manifeste.
«On trouve important pour pouvoir faire augmenter l'appui à l'indépendance de proposer une vision mise à jour, une vision nouvelle du projet souverainiste québécois qui se démarque de deux façons.
«D'une part, parce qu'elle est inclusive. Inclusive des personnes qui sont de nouveaux arrivants au Québec ou qui sont arrivées il y a longtemps ou qui sont du moins issues d'une façon ou d'une autre de l'immigration. C'est aussi une vision qui respecte et reconnaît pleinement la souveraineté des Premières Nations et des Inuits», résume M. Zanetti en entrevue.
Dans le manifeste, la formation de gauche détaille notamment les raisons de faire du Québec un pays. Selon QS, il y a une «urgence que le Québec défende lui-même ses intérêts sur la scène internationale» dans un contexte de crise écologique et de négociations commerciales avec les États-Unis.
Le document n'est pas une simple réponse au «Livre bleu» du Parti québécois (PQ), entièrement dévoilé il y a plus d'une semaine, et qui aborde différentes questions entourant un Québec souverain.
Le manifeste solidaire est en préparation depuis plusieurs mois et il n'a pas le même objectif que l'ouvrage péquiste de plus de 500 pages, indique M. Zanetti.
Il admet que le manifeste s'adresse à la fois aux sceptiques et «aux souverainistes de longue date qui veulent l'indépendance et ne se reconnaissent plus non plus dans la vision du Parti québécois, qui sont très mal à l'aise avec les positions que le Parti québécois prend sous Paul Saint-Pierre Plamondon».
«Ça s'adresse à tous ces gens-là pour dire qu'il y a une autre voie au souverainisme québécois. Une voie qui est nouvelle, une voie qui est progressiste, inclusive, et qui crée aussi les conditions nécessaires à la victoire du camp du Oui», mentionne M. Zanetti.
Une assemblée constituante
QS prône une démarche d’accession à l’indépendance en collaboration avec les Premières Nations et les Inuits.
«Les questions sur comment sera le Québec de demain, il faut qu'on y réponde en bâtissant les réponses avec les Premières Nations et les Inuits», évoque M. Zanetti.
QS propose de tenir une assemblée constituante «coconstruite» avec les Premiers Peuples. Elle aurait pour mandat de consulter la population et de rédiger un projet de constitution, qui définirait entre autres le régime politique du nouveau pays ainsi que «la structure des rapports des Premières Nations et des Inuits avec l’État plurinational que deviendra le Québec à la suite de négociations».
Cette constitution serait ensuite soumise à un référendum, qui permettrait de déclarer l'indépendance du Québec si elle obtient la faveur populaire. Tout ce processus serait enclenché et complété dans un premier mandat d'un gouvernement solidaire.
Advenant l'élection d'un gouvernement péquiste, le PQ mettrait en place au cours de son premier mandat une commission itinérante de consultations en vue de l’adoption d’une constitution provisoire du pays du Québec, avant de tenir un référendum.
Deux à quatre ans «après l’effectivité de l’indépendance» à la suite d'une victoire du camp du Oui, le PQ mettrait sur pied «une assemblée constituante ayant pour mandat de rédiger la constitution permanente du pays du Québec».
M. Zanetti se montre critique à l'égard de l'approche péquiste. Il estime «très risquée» la tenue d'un référendum sur une constitution provisoire, notamment au regard de l'adhésion des Autochtones au projet. Il déplore aussi la durée du processus, qui pourrait s'étirer sur près de huit ans.
«Le gouvernement qui va faire l'indépendance, qui va démarrer la démarche, il doit s'engager à compléter la démarche en un seul mandat. Il ne sait pas s'il va en avoir deux», soutient-il.
M. Zanetti déplore également que la démarche du «Livre bleu» du PQ soit «essentiellement de répondre à toutes les questions sans avoir consulté les Premières Nations et les Inuits».
Le PQ a indiqué que «dans un esprit de collaboration et dans une optique de coconstruction de notre avenir collectif», il «a choisi d’entamer un dialogue avec les Premières Nations et les Inuits avant de publier le chapitre les concernant». Ce dernier devait être rendu public cet été.
La préface du manifeste de QS est signée par la commission nationale autochtone du parti. M. Zanetti indique que le document est «le fruit d'une longue réflexion» alimentée notamment par les 98 conférences qu'il a données sur l'indépendance.
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne