Québec se tourne vers les entreprises d'économie sociale pour l'aide à domicile

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Par La Presse Canadienne, 2026
BELŒIL — Québec continue de bonifier l’offre d’aide à domicile en se tournant vers les partenaires que sont les entreprises d’économie sociale.
La ministre de la Santé et des Services sociaux, Sonia Bélanger, a annoncé vendredi à Beloeil l’ajout d’un troisième «projet vitrine», l’équivalent d’un projet pilote, dans cette municipalité de la Montérégie. La coopérative de solidarité d’aide à domicile Aide Atout vient donc s’ajouter aux deux autres projets vitrine annoncés récemment à Rimouski et Alma.
«On ne peut pas faire tout, tout seul», a reconnu la ministre, qui est aussi responsable des Aînés et des Proches aidants. Elle a fait valoir que les besoins ne cessent de croître. «Dans le contexte du vieillissement de la population, c'est près d'un peu plus de 2 millions de personnes au Québec qui ont 65 ans et plus», a-t-elle rappelé, soulignant au passage que le Québec compte pas moins de 2600 centenaires. «Alors, on est vraiment une nation qui vieillit, qui vieillit en accéléré», a-t-elle fait valoir.
«Les gens désirent rester chez eux»
L’objectif de la démarche annoncée, que l’on souhaite étendre aux 95 entreprises d’économie sociale œuvrant en aide domestique, est d’ajouter des services à l’offre de ces entreprises pour élargir le maintien à domicile, afin d'éviter l’institutionnalisation de personnes âgées.
«Nous l'entendons chaque jour, les gens désirent rester chez eux», a fait valoir la directrice générale d’Aide Atout, Valérie Morier.
L’offre additionnelle comprise dans le projet vitrine est soutenue par le Programme d’exonération financière pour les services d’aide domestique, dont les fonds pourront servir à des services plus intensifs, a expliqué Mme Morier. «Ce qui est nouveau, c'est qu’avant, l'aide financière touchait simplement les services d'aide domestique – entretien du logis, préparation de repas, petites courses. Aujourd'hui on reconnaît que les services de l'assistance personnelle, l'hygiène, l'aide au déplacement, la distribution de médicaments, le répit, ça aussi, ça nécessite de l'aide financière.»
Éviter de se fragiliser dans l'ombre
«Ces services permettent concrètement aux personnes de demeurer chez elles, en toute sécurité et dans la dignité», a-t-elle ajouté.
«Au cœur de la démarche, on trouve également la volonté de rejoindre les personnes qui ne sont pas nécessairement connues ou prises en charge par le réseau public, mais dont les besoins sont pourtant bien réels. Trop souvent, les situations se fragilisent dans l'ombre et le soutien à domicile ne doit pas être un privilège réservé nécessairement à ceux qui ont les moyens de payer, mais un droit accessible à tous.»
On vise les usagers dont la condition ne nécessite pas de soins complexes ou intensifs et qui ne sont pas déjà pris en charge par les services de soutien à domicile de leur établissement du réseau de la santé.
Les usagers devront certes payer pour les services, mais la tarification sera réduite par une portion qui sera défrayée par le Programme d’exonération financière. On parle d’un tarif horaire de 8,70 $ à 30,30 $ en fonction du revenu déclaré par le ménage. En ajoutant le crédit d’impôt pour le maintien à domicile des personnes de 70 ans et plus, le tarif horaire se situera entre 5,22 $ et 18,18 $, toujours selon le revenu de l’usager.
«Ce que je souhaite, c'est que d'ici les 18 prochains mois, on puisse avoir un maximum d'entreprises économies sociales offrant ces services», a affirmé Mme Bélanger.
Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne