Projets pédagogiques particuliers: Sonia LeBel revoit les critères de sélection

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Par La Presse Canadienne, 2026
QUÉBEC — À compter de la rentrée 2027-2028, les écoles primaires ne pourront plus utiliser les résultats scolaires comme mécanisme de sélection pour l'admission à un projet pédagogique particulier (PPP), un profil ou une concentration.
Au secondaire, on devra viser à «réduire ou éliminer» les critères fondés sur la performance scolaire et privilégier des mécanismes favorisant un accès plus équitable aux PPP.
Sans tambour ni trompette, la ministre de l'Éducation, Sonia LeBel, a transmis ces directives aux centres de services scolaires (CSS) jeudi par l'entremise d'une lettre déposée à l'Assemblée nationale.
Elle y écrit vouloir «favoriser la réussite éducative» et «assurer un accès plus équitable aux PPP partout au Québec». «Chaque enfant doit avoir la possibilité de développer son plein potentiel», soutient-elle.
Les PPP sont des programmes de sports-études, d'arts-études ou d'éducation internationale qui ne sont accessibles qu'à une partie sélectionnée de la population étudiante. Des frais leur sont également exigés.
En avril 2025, à l'étude des crédits, l'ex-ministre de l'Éducation Bernard Drainville avait reconnu que les élèves en PPP réussissaient mieux que les élèves du «régulier»: le taux de décrochage au «régulier» était quatre fois plus élevé qu'au sélectif, selon ses données.
Huit mois plus tard, l'Assemblée nationale adoptait une motion sur l'utilisation des résultats scolaires de la 4e année du primaire à des fins de sélection pour l'inscription dans certains établissements ou programmes pédagogique au niveau secondaire.
«En réponse à la motion adoptée par l'Assemblée nationale, j'ai demandé que l'utilisation des critères liés à la performance scolaire fasse l'objet d'une révision», a écrit Mme LeBel, jeudi.
Selon le porte-parole de Québec solidaire en éducation, Gabriel Nadeau-Dubois, qui avait présenté la dite motion en décembre dernier, le gouvernement ne doit pas s'arrêter là.
«C'est un petit pas dans la bonne direction, une petite victoire pour l'égalité des chances», a-t-il affirmé dans une déclaration écrite transmise à La Presse canadienne, jeudi après-midi.
«Jusqu'à tout récemment, la CAQ niait que l'école à trois vitesses était un problème. Avec cette annonce, le gouvernement franchit un cap symbolique: il reconnaît implicitement que les pratiques agressives de sélection peuvent nuire aux élèves.
«Je suis heureux que la motion que j'ai déposée ait fait bouger le gouvernement dans la bonne direction. Mais il ne faut pas s'arrêter là! Le débat doit impérativement se poursuivre lors de la campagne électorale.
«L'école québécoise doit être un lieu de mixité, pas une machine à trier les enfants. J'espère que les partis politiques auront le courage de bousculer le système actuel, qui laisse tomber beaucoup trop de nos enfants. Le statu quo est intenable», a-t-il renchéri.
Caroline Plante, La Presse Canadienne