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Première étude canadienne consacrée à une rare allergie alimentaire chez les enfants

durée 10h49
15 juillet 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Une rare allergie alimentaire qui touche surtout les nourrissons et les jeunes enfants est si mal connue des médecins qu'elle pourra tout d'abord faire l'objet d'un diagnostic erroné, préviennent des chercheurs du Centre universitaire de santé McGill qui ont récemment publié la première étude canadienne consacrée au syndrome d'entérocolite induite par les protéines alimentaires (SEIPA).

L'étude menée auprès de 87 enfants âgés d’un mois à 13 ans décrit les symptômes et éléments déclencheurs associés à ce syndrome, ainsi que son évolution. Les petits patients étaient suivis à l'Hôpital de Montréal pour enfants et dans une clinique affiliée.

«Pour les enfants qui sont très petits, ça peut finir par les déshydrater, a expliqué l'auteur principal de l'étude, le docteur Moshe Ben-Shoshan. Mais pour les enfants qui sont plus grands, c'est beaucoup moins dangereux. Le problème, c'est qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui savent ce que c'est.»

Le SEIPA se distingue des allergies alimentaires classiques par le fait qu’il ne met pas en jeu les anticorps responsables des réactions allergiques qui surviennent dans les minutes qui suivent l’ingestion de l’allergène, a-t-on expliqué par voie de communiqué.

Il ne provoque donc généralement ni urticaire, ni enflure, ni difficultés respiratoires, ni choc anaphylactique.

Les causes exactes de la maladie ne sont pas bien comprises, mais il semble y avoir une composante génétique. «Les antécédents familiaux de maladies allergiques chez près de 40 % des patients suggèrent en outre une prédisposition génétique ou familiale potentielle», écrivent ainsi les chercheurs.

Ils rappellent ensuite que d’autres études ont «mis en évidence des taux plus élevés de comorbidités allergiques et d’antécédents familiaux de maladies à médiation immunitaire, telles que les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et la maladie cœliaque, chez les patients atteints de SEIPA par rapport à la population générale».

Bien que pratiquement n’importe quel aliment puisse déclencher une réaction, l'œuf était en cause dans environ un cas sur trois, contre un cas sur cinq pour les fruits de mer et un cas sur dix pour le lait, le poisson et les arachides.

«C'est peut-être en raison du nouveau guide (alimentaire) qui dit qu'on va introduire l'arachide plus tôt dans la vie de l'enfant, avant l'âge d'un an», a suggéré le docteur Ben-Shoshan.

L'avoine, les fruits et le soya ont aussi été mis en cause. Environ un enfant sur dix réagissait à plus d'un aliment. Les auteurs de l'étude ont constaté que l’âge médian d’apparition des symptômes était de sept mois et que la majorité des réactions survenaient avant l’âge de deux ans.

Les symptômes apparaissent généralement entre une et quatre heures après l'ingestion de l'aliment déclencheur et ressemblent souvent à ceux d'une gastro-entérite, ce qui peut compliquer la détection clinique, a-t-on expliqué. On constatera ainsi des vomissements dans 95 % des cas, ou encore des diarrhées.

Un peu plus de 40 % des enfants présentaient également de l’eczéma ou une dermatite atopique, tandis que 20 % souffraient d’autres allergies alimentaires et 14 % souffraient d’asthme. Plus du tiers des sujets ne présentaient en revanche aucune autre condition associée.

Si le syndrome n’est pas reconnu, les enfants pourront subir des restrictions alimentaires inutiles et «être exposés à un risque accru de carences nutritionnelles à un moment crucial de leur croissance et de leur développement», prévient-on. Le diagnostic pourra être d'autant plus compliqué que l'allergène qui cause la réaction n'en provoquera aucune lors de tests de sensibilité cutanés habituels.

Les nouvelles ne sont toutefois pas que mauvaises, a rappelé le docteur Ben-Shoshan.

«La plupart des fois ça disparaît avec le temps, a-t-il dit. Mais ça peut rester toute la vie. Avec les fruits de mer, par exemple, c'est plus rare qu'on perde la réaction, mais souvent ça disparaît avec le temps.»

Cette étude a été publiée par la revue International Archives of Allergy and Immunology.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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