Poilievre dit que l'Alberta a besoin qu'Ottawa redéfinisse ses priorités

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Par La Presse Canadienne, 2026
CALGARY — Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, affirme que le moyen le plus simple d'étouffer les sentiments séparatistes en Alberta est que le gouvernement fédéral cesse de se mêler des affaires de la province.
S'exprimant à Calgary, M. Poilievre affirme que les Albertains n'ont pas besoin d'un nouveau pays. Ils ont simplement besoin qu'Ottawa change ses priorités.
Il affirme que les Albertains pourraient tirer profit de la libération des ressources, de la construction d'oléoducs, du respect de l'autonomie provinciale et de la réduction du fardeau fiscal.
«La meilleure nouvelle est que ce n’est pas un jeu à somme nulle. Ces mesures amélioreraient la situation de toutes les provinces, a-t-il commenté. La solution pour les Albertains n’est donc pas de se détourner de nos amis des autres provinces, mais de nous unir à eux pour faire du Canada un pays abordable, sûr, autonome et uni ici même, chez nous.»
La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a déclaré le mois dernier que son gouvernement demanderait en octobre aux Albertains s’ils pensent que la province doit rester au sein du Canada ou organiser un référendum contraignant sur la sécession.
Mme Smith a énoncé qu’elle-même et son gouvernement du Parti conservateur uni feraient campagne pour que l’Alberta reste au sein du Canada, mais qu’elle n’avait d’autre choix que d’organiser ce référendum après que deux pétitions concurrentes, exprimant les deux camps du débat, aient chacune recueilli des centaines de milliers de signatures.
M. Poilievre a indiqué que lui et son groupe parlementaire mèneraient une campagne à travers l'Alberta cet été pour encourager la population à ne pas tourner le dos au Canada.
Dans son discours, il a assuré que les séparatistes albertains ne devaient pas être considérés comme des ennemis et a mis en garde contre la diabolisation de ceux qui souhaitent quitter la Confédération.
«Une meilleure approche consiste à écouter, à comprendre, à persuader et à résoudre les problèmes facilement surmontables qu’ils nous demandent de régler, a-t-il dit. Je m’adresserai aux Albertains des deux camps de ce référendum pour écouter leurs points de vue et défendre le Canada avec respect.»
M. Poilievre a ajouté que les citoyens de tout le pays devraient également soutenir les ambitions de l’Alberta, et a exhorté le Canada à «entourer l’Alberta et ses habitants de ses bras».
«Dites-leur à quel point vous les appréciez et les aimez. Écoutez-les vraiment et soutenez leurs ambitions, car nos destins sont étroitement liés», a-t-il avancé.
De nombreux anciens responsables politiques du Parti conservateur ont également déclaré qu’ils feraient campagne contre le référendum sur la séparation de l’Alberta, notamment l’ancien premier ministre Stephen Harper et quelques membres de son cabinet.
L’ancien premier ministre de l’Alberta et ministre du cabinet Harper, Jason Kenney, fait partie d’un groupe appelé «Vote to Stay». Ce groupe comprend également un autre ministre du cabinet Harper, Monte Solberg, ainsi que Travis Toews, qui a occupé le poste de ministre des Finances de l’Alberta sous M. Kenney.
Jim Dinning, un autre ancien ministre des Finances de l’Alberta, s’est engagé à faire campagne pour que l’Alberta reste au sein du Canada en collaborant avec des professeurs de renom en sciences politiques et en économie.
Le Nouveau Parti démocratique (NPD), parti d'opposition en Alberta, fera également campagne en faveur du maintien, tout comme l'ancien vice-premier ministre Thomas Lukaszuk, qui avait été à l'origine de l'une des deux pétitions que Mme Smith a citées comme ayant été à l'origine de la question référendaire.
Cependant, certains anciens collègues de M. Harper et de M. Poilievre se sont rangés dans le camp adverse.
Jay Hill, qui a siégé au caucus conservateur aux côtés de M. Harper et de M. Poilievre de 2004 à 2010, a publié lundi un éditorial dans le journal conservateur Western Standard, dans lequel il indique qu'il compte voter en faveur d'un référendum sur la séparation afin d'envoyer un message à Ottawa.
M. Hill, qui a occupé les fonctions de whip en chef du gouvernement et de leader parlementaire sous M. Harper, a déclaré que voter pour le maintien de l'Alberta au sein du Canada affaiblirait les cartes de négociation dont dispose la province et qu'il ferait campagne pour son camp si on le lui demandait.
Dayne Patterson, La Presse Canadienne