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Ottawa promet des millions pour alléger l'impact des droits américains en N.-É.

durée 18h19
2 septembre 2026
La Presse Canadienne, 2026
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4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

DARTMOUTH — Le gouvernement fédéral débloque 14,1 millions $ pour aider les entreprises de la Nouvelle-Écosse à faire face aux droits de douane américains.

Mercredi, Ottawa a annoncé que 27 entreprises néo-écossaises allaient bénéficier de ce financement au titre de l'Initiative régionale de réponse tarifaire. Ce programme de 1,5 milliard $ s’inscrit dans le cadre d’un plan fédéral de 7,5 milliards $ destiné à aider les entreprises canadiennes à faire face aux répercussions de la politique commerciale américaine.

Le ministre de la justice, Sean Fraser, en a fait l'annonce chez la compagnie Ace Machining, qui a reçu 400 000 $.

Lorsque son président, Ron Wallace, a eu besoin d'un nouvel équipement pour son atelier de Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, il savait pertinemment qu'il ne viendrait pas des États-Unis.

«Notre processus d’approvisionnement habituel aurait fait appel à des fabricants américains, mais, compte tenu de la première vague de droits de douane, nous avons décidé de les écarter», a déclaré le copropriétaire de l’entreprise aux journalistes lors d’une conférence de presse mercredi.

«C’est un petit geste… dans l’ensemble, cela n’aura qu’un effet très limité. Mais si davantage de Canadiens font attention à leurs achats quotidiens, ensemble, nous pouvons changer les choses.»

M. Wallace a opté pour une fraiseuse à commande numérique de fabrication japonaise, conçue pour usiner automatiquement la matière première avec précision, l’entreprise fabriquant des pièces et des produits pour des clients issus de secteurs tels que la défense et la marine. L’entreprise emploie 54 personnes. Le fait que 25 d'entre elles sont soit de nouveaux Canadiens ou des enfants d'immigrants fait la fierté de M. Wallace.

Les gestes qui comptent

Le mois dernier, les États-Unis ont instauré des droits de douane de 50 % sur 28 milliards de dollars de marchandises canadiennes après l’échec des négociations commerciales entre les deux pays. Les droits de douane de rétorsion du Canada sur un montant similaire de marchandises doivent entrer en vigueur mardi.

Le ministre de la Justice, Sean Fraser, également député néo-écossais responsable de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique, a annoncé ce financement mercredi et a remercié l’entreprise d’avoir exclu les sociétés américaines de ses marchés publics.

Il a exhorté d’autres chefs d’entreprise à faire de même, affirmant que le succès des efforts du Canada dans cette guerre commerciale ne se décidera pas dans les coulisses de la colline du Parlement, mais par les décisions des Canadiens à travers tout le pays.

«Ce que les gens font, ce n'est pas seulement d'acheter canadien, c'est de s'assurer de ne pas soutenir ceux qui s'attaquent activement à notre bien-être économique en achetant des produits américains», a dit M. Fraser aux journalistes.

«Ce qui me rend très optimiste n'est pas seulement ce cas isolé, mais aussi le fait qu'il se répète dans les communautés, grandes et petites, partout au Canada, dans tous les aspects de la vie.»

M. Fraser a précisé que les subventions accordées mercredi faisaient partie de la première tranche de projets à bénéficier d’un allègement tarifaire. Il a ajouté qu’un nouveau cycle de candidatures, pour des montants plus importants, devrait s’ouvrir dans les semaines à venir. Il a précisé que des financements similaires étaient disponibles dans toutes les régions du pays.

Le ministre a dit que, dans un monde idéal, le Canada préserverait ses relations commerciales avec les États-Unis et que les échanges se feraient uniquement selon des critères commerciaux.

«Mais ce n’est pas le monde dans lequel nous vivons», a-t-il ajouté.

Une politique léguée par l'historique commercial

M. Fraser a indiqué que la Nouvelle-Écosse présentait certaines vulnérabilités commerciales, citant l’exemple de l’usine de pneus Michelin située à Granton, en Nouvelle-Écosse, à environ dix minutes de son domicile.

Il a précisé que les trois quarts des produits de l’usine étaient expédiés vers les États-Unis, tandis que d’autres composants étaient acheminés de l’autre côté de la frontière pour être transformés en pneus industriels, qui étaient ensuite revendus aux consommateurs canadiens.

«Dans ma municipalité, 300 foyers dépendent d’un seul employeur. Il s’agit là d’une vulnérabilité stratégique», a-t-il illustré.

«Nous comptons depuis trop longtemps sur les États-Unis, depuis trois quarts de siècle, voire plus, si l’on considère la manière dont, historiquement, nous avons extrait nos ressources, les avons expédiées de l’autre côté de la frontière, avons laissé la valeur ajoutée être créée ailleurs et avons souvent racheté ces mêmes produits à un prix plus élevé.»

M. Wallace a indiqué qu’Ace Machining constatait une forte volatilité des prix des matières premières. Il a précisé que les devis de l’entreprise étaient auparavant valables 30 jours, mais que cette durée était désormais réduite à 7 jours seulement.

Parallèlement, les frais de transport augmentent, les budgets sont mis à rude épreuve et les entreprises sont confrontées à un climat économique incertain qui semble changer de jour en jour.

«J’ai beaucoup d’amis aux États-Unis et eux aussi ne sont pas satisfaits de la situation», a-t-il dit. «Ce sont comme des cousins et des frères. C’est tout simplement une situation regrettable: des décisions ont été prises bien, bien, bien au-dessus de mon niveau hiérarchique, et ce sont les travailleurs qui doivent en subir les conséquences.»

Dans un communiqué, Richard Bragdon, porte-parole conservateur chargé du développement économique de la région de l’Atlantique, a réitéré l’appel du parti demandant au gouvernement fédéral de divulguer les détails de l’accord commercial avec les États-Unis dont il s’est retiré, et a appelé le premier ministre Mark Carney à convoquer le Parlement.



«L’annonce d’aujourd’hui n’est qu’un pansement temporaire, sans solution à long terme. Les entreprises locales de Nouvelle-Écosse sont en difficulté et font face à une immense incertitude. Elles ont besoin de bien plus que de l’abandon d’un programme gouvernemental à court terme», a dit M. Bragdon.

Devin Stevens, La Presse Canadienne

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