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Neuro: des travaux pourraient permettre de dépister la SEP avant les symptômes

durée 11h11
28 mai 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Les travaux de chercheurs montréalais pourraient un jour permettre de dépister la sclérose en plaques jusqu'à dix ans avant l'apparition des premiers symptômes, ce qui permettrait de s'attaquer à la maladie plus tôt que jamais.

La sclérose en plaques fait partie des maladies neurodégénératives, comme l'alzheimer et le parkinson, dont on sait maintenant qu'elles s'installent en douce plusieurs années avant de se manifester ouvertement ― mais à une différence importante près, a rappelé le docteur Adil Harroud, de l'Institut-Hôpital neurologique de Montréal de l’Université McGill.

«Contrairement à ces (autres) maladies dégénératives, pour la sclérose en plaques, on a maintenant un grand nombre de médicaments qui sont très hautement efficaces et qui changent réellement le cours de la maladie», a-t-il dit.

On sait aussi que ces médicaments sont les plus efficaces si on les commence tôt dans le cours de la maladie, a rappelé le docteur Harroud.

«Malheureusement, la plupart des gens qui vivent aujourd'hui avec la maladie n'ont pas pu bénéficier de ces traitements de haute efficacité au début de leur maladie, a-t-il déploré. Et une fois que la progression de la maladie s'installe, même ces médicaments de haute efficacité sont insuffisants pour changer le cours de la maladie. Alors, plus on attrape les gens tôt, plus on est capables d'intervenir.»

Les travaux du docteur Harroud et de son équipe ont «mis en évidence la modification d’un groupe de protéines sanguines chez les personnes qui ont présenté par la suite une (sclérose en plaques), parfois plus de dix ans avant le diagnostic», a-t-on indiqué par voie de communiqué.

Un simple test sanguin administré aux personnes à risque de développer la maladie, comme celles dont un membre de la famille proche en souffre déjà, pourrait donc permettre de déterminer, un jour, lesquelles d'entre elles ont besoin d'investigations plus poussées.

«En sclérose en plaques, les traitements sont là, mais les patients à risque n'ont pas encore été identifiés, a répété le docteur Harroud. Et donc, c'est là qu'on pense que le besoin se trouve et qu'on a besoin de développer de bons tests qui sont capables de nous dire qui est à risque. Si on pouvait prévenir 5 % ou 10 % des cas, ce serait déjà extraordinaire.»

Les chercheurs ont utilisé des techniques statistiques sophistiquées pour identifier une quarantaine de protéines qui étaient associées à un risque plus élevé de sclérose en plaques. La plupart de ces protéines agissent dans les circuits de signalisation qui coordonnent la réponse immunitaire.

Ils ont ensuite contre-vérifié leurs résultats auprès de participants à la gigantesque UK Biobank, qui recueille des échantillons sanguins d’un demi-million de participants britanniques pour suivre leur état de santé depuis les années 2000.

Les chercheurs ont notamment découvert dans ces échantillons l’altération de huit protéines chez les individus qui feraient ensuite l’objet d’un diagnostic de sclérose en plaques, a-t-on précisé.

L’une de ces protéines, la DKKL1, était associée à la fois à un risque moindre de sclérose en plaques et à une progression plus bénigne de la maladie, ce qui en fait un biomarqueur potentiel à la fois prédictif et pronostique.

«La difficulté, c'est que le cerveau est un organe qui est très difficile, voire impossible, à réparer aujourd'hui, de sorte que les dommages qui sont faits sont des dommages qui sont souvent irréversibles, a conclu le docteur Harroud. Alors, pour pouvoir influencer le cours de la maladie et empêcher ces problèmes neurologiques de s'établir au long terme, le plus tôt on intervient, le mieux c'est.»

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal Annals of Neurology.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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