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Nathalie Provost raconte comment elle a retrouvé un sentiment de sécurité

durée 17h44
11 février 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

TORONTO — Nathalie Provost, survivante de la tuerie de l'École polytechnique, raconte qu'il lui a fallu plusieurs semaines pour retourner sur les lieux du massacre, mais que cela lui a permis de reprendre sa vie en main et de retrouver un sentiment de sécurité.

Elle a été blessée à la jambe, au pied et au front par un tireur qui a tué 14 femmes et blessé plus d'une douzaine de personnes en 1989, dont six de ses camarades de classe.

«Nous ne pouvons pas vivre dans la crainte que cela se reproduise», a déclaré Mme Provost, la voix encore émue 37 ans plus tard.

Ses réflexions sur la guérison font suite à l'une des pires fusillades dans un établissement d'enseignement de l'histoire du pays, survenue mardi à Tumbler Ridge, une petite communauté de Colombie-Britannique, où neuf personnes ont trouvé la mort, dont la tireuse.

Mme Provost, aujourd'hui députée libérale fédérale, a expliqué que de retourner à l'école pour terminer ses études de premier cycle après sa sortie de l'hôpital a été pour elle un moyen d'aller de l'avant. Elle a affirmé que c'était la meilleure chose qu'elle avait pu faire.

Aujourd'hui mère de quatre enfants, elle a songé à l'épreuve vécue par sa propre mère à l'époque, fondant en larmes en évoquant la douleur et la peur qui doivent envahir les parents de Tumbler Ridge en ce moment.

«Je suis tellement triste. Je ne peux tout simplement pas imaginer ce que c'est que d'avoir 12, 13, 15 ou 16 ans et de voir ce qu'ils ont vu hier soir (mardi). Je me souviens de ce que j'ai vu. Et pour tous ceux qui ont vu l'horreur dans leur vie, je suis tellement triste.»

Comme beaucoup d'autres parents à travers le comté, la psychologue de Vancouver Valerie Caldeira a expliqué qu'il lui a été difficile d'envoyer ses enfants à la garderie mercredi matin.

«Mon sentiment de sécurité s'est également brisé, a-t-elle déclaré. Il faut en quelque sorte avoir confiance qu'ils iront bien.»

Mme Caldeira a expliqué qu'il faudra du temps pour que le pays se remette et que le retour à la routine est une étape importante, qu'il s'agisse d'activités parascolaires ou de respecter les heures de repas.

«Avoir ce sentiment de normalité aidera vraiment à rétablir un sentiment de sécurité», a soutenu Mme Caldeira.

Même si le sentiment de danger est peut-être accru, la Dre Allison Crawford, médecin-chef de la ligne d'aide 9-8-8: Ligne d'aide en cas de crise de suicide, affirme que ce n'est pas permanent et qu'il y a de l'espoir pour un retour à la normale.

Elle ajoute qu'il est normal de se sentir dépassé, choqué, anéanti, et que le simple fait de savoir que d'autres Canadiens ressentent la même chose peut être rassurant et renforcer la cohésion sociale.

«Même si nous reconnaissons aujourd'hui l'ampleur de cette perte et que nous devons travailler pour aider les gens à retrouver un sentiment de sécurité et de connexion (...) cela n'est pas définitivement brisé», a dit Mme Crawford.

«Je pense qu'il y a beaucoup d'espoir que nous nous retrouvions collectivement et que ce sentiment de sécurité soit rétabli.»

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Hannah Alberga, La Presse Canadienne

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