Montréal-Nord: une table ronde sur les allégations de racisme visant des policiers

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Des militants et des avocats se sont réunis samedi à Montréal-Nord pour discuter des récentes allégations de comportements racistes concernant des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), ainsi que de leurs implications pour la communauté.
La discussion s’est tenue au pavillon du parc Henri-Bourassa, près du lieu où Fredy Villanueva, 18 ans, a été tué par un policier en août 2008.
La table ronde a également eu lieu un peu plus d’une semaine après que le SPVM a dissous une équipe de patrouille de nuit dans l’arrondissement, à la suite à d'allégations de comportements racistes et discriminatoires.
Pour les intervenants présents à l’événement, ces allégations faisaient écho aux préoccupations soulevées après la mort de Fredy Villanueva concernant le profilage racial et le comportement de la police.
Will Prosper, cofondateur de Hoodstock, une organisation communautaire créée à la suite du décès de Fredy Villanueva et qui a organisé la table ronde de samedi, a indiqué que la communauté subit cette violence depuis longtemps.
M. Prosper, qui avait 18 ans lorsque M. Villanueva a été tué, a expliqué que les manifestations qui ont suivi sa mort avaient été alimentées par des années de frustration à l’égard de la police dans le quartier.
Il a ajouté que de nombreux habitants considèrent ces dernières allégations comme s’inscrivant dans une longue histoire de relations tendues entre la police et la communauté.
Le 12 juin, la direction du SPVM a annoncé que 14 agents avaient été réaffectés et que deux autres avaient été suspendus. Le directeur du SPVM, Fady Dagher, a indiqué que les dossiers concernant les policiers suspendus avaient été transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales, qui déterminera si des poursuites pénales sont justifiées.
«La Presse» et Radio-Canada ont rapporté certaines informations, notamment que des policiers auraient coupé les cheveux de citoyens racisés afin d'en faire des «trophées». M. Dagher a indiqué en conférence de presse que cela faisait «partie des allégations».
Les coups de feu dont a été victime Fredy Villanueva avaient déclenché des émeutes et des pillages dans l’arrondissement. Les participants à la table ronde de samedi ont souligné que les questions relatives au profilage racial et à la responsabilité de la police continuent de résonner près de 20 ans plus tard.
«Qu'est-ce que Fredy dirait à Fady aujourd’hui?», a demandé Cassandra Exumé, coordinatrice générale de Hoodstock et animatrice de la table ronde.
Dardia Joseph, avocate et directrice adjointe de la Clinique juridique de Saint-Michel, a expliqué que les jeunes qui s’adressent à l’organisation recherchent des conseils juridiques et un soutien à la suite de démêlés avec la police, notamment dans des affaires impliquant des allégations de profilage racial.
Mme Joseph a précisé que certains jeunes sollicitaient de l’aide après des contrôles policiers répétés ou des interactions qu’ils jugeaient marquées par des attitudes inappropriées, et se demandaient souvent «si le traitement qu’ils avaient reçu était normal».
Fernando Belton, avocat et directeur général de la Clinique juridique de Saint-Michel, a déclaré que ces dernières allégations marquaient un tournant décisif pour la communauté.
«On répète les mêmes choses depuis des décennies», a-t-il souligné, samedi.
M. Belton a ajouté que la réponse apportée à ces allégations pourrait déterminer si les préoccupations concernant le profilage racial, la responsabilité de la police ainsi que les relations entre les forces de l’ordre et les habitants seront enfin prises en compte.
«Ce qui s’est passé à Montréal-Nord doit devenir une barrière, un point, où est-ce qu'on se dit: plus jamais», a-t-il soutenu.
-- Avec des informations d'Erika Morris
Charlotte Glorieux, La Presse Canadienne