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Mark Carney se rendra en Alberta à l'occasion de la fête du Canada

durée 17h58
30 juin 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

KUUJJUAQ — Le premier ministre Mark Carney fera une apparition exceptionnelle en Alberta à l'occasion de la fête du Canada, à la veille d'une annonce attendue de la province concernant son projet de construction d'un nouvel oléoduc.

La visite de M. Carney intervient également alors que les Albertains se prononceront cet automne sur la question de savoir si la province doit organiser un référendum sur sa sortie de la fédération.

S'adressant aux journalistes mardi à Kuujjuaq, au Québec, M. Carney a annoncé qu'il serait en Alberta dans la soirée du 1er juillet et qu'il était en contact étroit avec la première ministre Danielle Smith.

La province a jusqu’au 1er juillet pour soumettre une proposition au nouveau bureau des grands projets du gouvernement fédéral afin d’accélérer l’approbation d’un nouveau projet de pipeline.

«Du point de vue de la province, les choses avancent bien», a déclaré M. Carney, ajoutant qu’il était au courant de la proposition, mais qu’il attendrait son annonce officielle pour en dire plus sur le dossier.

Le cabinet de Mme Smith a indiqué mardi qu’une «annonce importante» serait faite le 2 juillet concernant la soumission de la province au bureau fédéral des grands projets.

M. Carney a précisé qu’il faudrait encore plusieurs mois au gouvernement fédéral pour décider s’il transmet la proposition de l’Alberta au nouveau bureau des grands projets.

De nombreuses questions subsistent quant aux perspectives d’un tel pipeline, puisqu’aucun tracé n’a encore été défini et qu’aucun promoteur du secteur privé ne s’est manifesté.

Une dimension symbolique

Duane Bratt, professeur de sciences politiques à l’université Mount Royal de Calgary, a noté que, s’il est normal qu’un premier ministre se rende dans l’Ouest pour le Stampede de Calgary, visiter la province à l’occasion de la fête du Canada, quelques mois seulement avant le référendum d’octobre, revêt une dimension symbolique.

«Cette fête du Canada sera très différente de toutes celles que nous avons connues jusqu’à présent dans cette province», a affirmé M. Bratt.

«On constate une forte augmentation des achats de drapeaux canadiens et du nombre de personnes qui les brandissent. Ce qui est ironique, c’est qu’il n’y a pas si longtemps, les gens brandissaient le drapeau canadien pour manifester leur opposition au gouvernement (fédéral) dans le cadre du convoi d’Ottawa, où certaines installations ont duré des mois, voire des années.»

M. Carney s’est opposé à la campagne en faveur de la séparation, soutenant que le scrutin de l’automne était un «véritable référendum» représentant un «bluff dangereux». Il l’a comparé au Brexit au Royaume-Uni, ajoutant que les campagnes pour une sortie d'un pays ou d'une union font des promesses irréalistes et refusent de reconnaître les écueils de la séparation.

Dans un message vidéo publié mardi par son cabinet, M. Carney a également abordé de front certains des griefs de longue date des provinces et expliqué pourquoi il s’était écarté du programme climatique de l’ancien premier ministre Justin Trudeau.

M. Carney a déclaré se souvenir, lorsqu’il était adolescent à Edmonton, à quel point les Albertains s’étaient sentis blessés lors de la mise en place du Programme énergétique national, comme si leurs ressources ne leur appartenaient pas.

«Plus récemment, [Ottawa a donné l'impression] que les contributions albertaines au secteur de l'énergie allaient à contre-courant de l’histoire, a expliqué M. Carney. Ce qui aurait dû nous unir a plutôt commencé à nous diviser, menant à un demi-siècle de politiques qui nous ont éloignés les uns des autres.»

M. Carney a fait valoir que le plan climatique de M. Trudeau répondait à de «bonnes intentions», mais n'était pas «viable à long terme». Il a également admis que les émissions allaient augmenter en raison des décisions politiques prises par son gouvernement.

«Il aurait fallu laisser tomber nos partenaires qui ont besoin de nouvelles sources d’énergie, au moment même où on compte sur eux pour nous aider réduire notre dépendance vis-à-vis des États-Unis. Ça aurait trop divisé notre pays», a soutenu M. Carney.

«Dans le contexte actuel, l’ancien plan aurait laissé le champ libre à ceux qui cherchent à diviser le Canada, ici comme à l'étranger.»

— Avec la contribution de Kyle Duggan, Nick Murray et Lauren Krugel.

La Presse Canadienne

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