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«Manne... La maison aux pignons verts»: un adolescent de l'Î.-P.-É. devient viral

durée 20h44
24 août 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

BORDEN-CARLETON — Un adolescent de 16 ans, surnommé en anglais «Manne... La maison aux pignons verts» a généré plus d’un million de vues sur les réseaux sociaux cet été pour une boutique de souvenirs de l’Île-du-Prince-Édouard, un exemple que pourraient suivre d'autres petites entreprises canadiennes qui souhaitent développer leur image de marque, selon des experts.

Jack Pickering travaille chez Shop and Play, une boutique saisonnière de Borden-Carleton, à quelques minutes du pont de la Confédération, qui relie l'Île-du-Prince-Édouard au Nouveau-Brunswick.

Le 24 mai, la boutique a publié une vidéo dans laquelle l'adolescent fait visiter les lieux vêtu d’une robe verte, d'un chapeau de paille et d'une perruque rousse coiffée en deux tresses, à l'image du personnage emblématique de l'Île-du-Prince-Édouard, celui d'Anne Shirley, du roman de Lucy Maud Montgomery.

La vidéo est ensuite devenue virale sur le compte Instagram de la boutique.

«Je me rappelle avoir regardé le nombre de vues un soir chez moi, qui était rendu à 40 000 et je me suis dit "C'est fou!"», a raconté M. Pickering dans une entrevue. En moins de 24 heures, la vidéo a dépassé le million de vues.

Tout a commencé lorsque Barbarann Fall, copropriétaire de Shop and Play, a demandé à son fils et à certains autres employés, dont M. Pickering, de lui proposer des idées pour renforcer la présence du magasin sur les réseaux sociaux.

«Ils ont simplement commencé à rassembler des idées (…) et, comme vous pouvez le constater, nous sommes devenus viraux», a dit Mme Fall avec un sourire. Depuis lors, M. Pickering et d'autres employés consacrent quelques heures par semaine à réfléchir à de nouvelles idées et à produire d’autres vidéos.

Dans la vidéo suivante, Jack Pickering, vêtu d’un costume complet d’Anne Shirley, enfile des lunettes de soleil pour promouvoir des chips au goût de homard. Dans une autre, il se déplace en trottinette dans un vlogue de son quotidien.

Un succès qui ne se limite pas au Web

En plus de la présence régulière de plusieurs dizaines de milliers de personnes sur leurs publications, les réactions aux vidéos ont été largement positives.

«Je veux aller à l’Île-du-Prince-Édouard spécialement pour cette boutique», a écrit un utilisateur. Un autre a affirmé que si la boutique commençait à fabriquer des t-shirts «Manne... La maison aux pignons verts», il en achèterait un.

Mme Fall explique que ces vidéos ont attiré davantage de clients dans le magasin et ont contribué à améliorer ses résultats financiers.

«Notre boutique est de plus en plus fréquentée et nous avons embauché du personnel supplémentaire pour faire face à cette affluence», a-t-elle indiqué.

Alors que Mme Fall et M. Pickering montraient comment enfiler les déguisements d’Anne, un touriste venu d’une autre province les a interrompus pour demander à prendre une photo avec Jack Pickering.

Ce n’est pas inhabituel depuis leur première vidéo virale, ont-ils précisé. Mme Fall a ajouté qu’elles prévoyaient d’étendre leur saison aux fins de semaine de décembre en raison de la popularité croissante de la boutique.

Compte tenu du succès, Mme Fall a affirmé que les petites entreprises ne devaient pas avoir peur d’impliquer leurs jeunes employés dans le développement de leur marque en ligne.

«Nous devons écouter les jeunes», a-t-elle dit. «Ils connaissent les réseaux sociaux et sont prêts à essayer sans baisser les bras… Ils ont cet esprit et cette détermination, il suffit de leur donner la chance de le montrer.»

Les jeunes, vecteurs de visibilité

Ross Simmonds, un expert en marketing basé en Nouvelle-Écosse qui a travaillé avec des marques telles que Canva et LinkedIn, estime lui aussi que les entreprises ne devraient pas hésiter à confier les mots de passe de leurs réseaux sociaux à des jeunes motivés.

Il a souligné qu’il y a plus de dix ans, ce sont les millénariaux qui ont transformé la présence en ligne de certaines entreprises.

«Leur confier les rênes de la marque semblait risqué. Mais en réalité, c’était une décision judicieuse, car ce sont eux qui savaient prendre le pouls de la culture», a dit M. Simmonds au téléphone.

Et M. Pickering, a-t-il ajouté, «comprend quel type de contenu Internet attend et ce que les gens veulent. Et en leur confiant le compte, on y gagne».

Cependant, Adam Rodricks, stratège en réseaux sociaux, a soutenu que les responsables devaient également mettre en place des garde-fous concernant l’utilisation des réseaux sociaux.

«Nous devons veiller à ce que les employés disposent d’un cadre d’action bien défini», a dit M. Rodricks.

«De quoi ont-ils le droit de parler librement ? Quels sont les sujets tabous ? Qu’est-ce qui relève de la confidentialité et de ce qu’il ne faut pas aborder ?»

Et, alors que les petites entreprises commencent à publier des vidéos courtes et d’autres contenus sur les réseaux sociaux, M. Rodricks a averti qu’elles ne devaient pas se contenter de tenter leur chance en espérant devenir virales.

Au contraire, a-t-il ajouté, elles devraient viser la même authenticité que celle dont a fait preuve Pickering pour Shop and Play afin de se constituer un public de manière organique.

«Les entreprises ne devraient pas se demander : “Comment faire pour devenir virales ?” Ce n’est pas l’objectif. Elles devraient plutôt se demander : “Pourquoi quelqu’un — n’importe qui — aurait-il envie de partager ce contenu ?”»

Quant à Jack Pickering, il prévoit de continuer à réaliser autant de vidéos que possible, dans l’espoir de se lancer dans une carrière d’acteur.

«J’adore chaque seconde de cette expérience», a-t-il ajouté.

Eli Ridder, La Presse Canadienne

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