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Libraires et ex-ministres dénoncent la fin d'un budget réservé aux livres scolaires

durée 10h01
12 août 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — En ce 12 août, les amateurs de littérature sont conviés à faire un tour dans une librairie pour encourager les auteurs d'ici, dans le cadre de la journée «J'achète un livre québécois!».

Mais alors que les librairies se préparent à recevoir un achalandage digne du temps des fêtes, le milieu se lève pour dénoncer une mesure du gouvernement du Québec qui pourrait mettre en danger l'accès aux livres pour les enfants.

En juillet, le gouvernement caquiste a décidé d'éliminer l'enveloppe de 38 millions $ destinée aux centres de services scolaires et qui était réservée à l'achat de livres. Cette somme, a indiqué le gouvernement, sera fusionnée dans une grande enveloppe qui comprend également les budgets pour une foule d’autres activités, comme les activités sportives ou les sorties scolaires.

Cette décision a provoqué une onde de choc au sein de l'Association des libraires du Québec (ALQ), qui «craint désormais que l’accès aux ouvrages soit mis en concurrence avec une multitude d’autres besoins scolaires, au risque d’entraîner une baisse importante des achats», peut-on lire dans une déclaration transmise à La Presse Canadienne.

Pour sensibiliser la population à cet enjeu, des centaines de librairies indépendantes distribueront, à l'occasion du 12 août, des signets visant à rappeler que «le livre à l’école n’est pas une dépense discrétionnaire, mais un outil fondamental de réussite éducative», a ajouté l'ALQ.

L'ALQ n'est pas la seule à lever ces drapeaux rouges. Huit anciens ministres québécois, de la Culture et des Communications, ou encore de l'Éducation, ont signé mercredi matin une lettre ouverte dans le quotidien «La Presse», mettant en garde contre les «graves» conséquences que cette mesure pourrait avoir sur le développement des jeunes.

«Dans un contexte où les occasions de dialogue se raréfient, la lecture demeure l’un des rares vecteurs capables de rassembler des citoyens autour d’un récit, d’une réflexion ou d’une question commune. Elle crée du commun, condition indispensable au bon fonctionnement de nos démocraties», peut-on lire dans la lettre co-signée par les anciens ministres Luc Fortin, Louise Beaudoin, Agnès Maltais, Line Beauchamp, Michelle Courchesne, Christine St-Pierre, Maka Kotto et Hélène David.

Acheter québécois

Lancée en 2014 par les auteurs Amélie Dubé et Patrice Cazeault, la journée «J'achète un livre québécois!» permet de faire découvrir la vaste gamme de genres et d'auteurs québécois.

«Que ce soit votre premier roman québécois de l'année ou le vingt-septième (on ne juge pas), l'important, c'est de participer avec enthousiasme», a écrit Patrice Cazeault sur les réseaux sociaux, il y a une semaine, pour lancer les festivités.

«Le mois d’août a changé le visage de la littérature au Québec. Désormais, et ce, depuis maintenant treize ans, lectrices, lecteurs et libraires attendent avec fébrilité le grand retour de (cette) journée», peut-on lire sur le site internet des Libraires, qui regroupe plus 125 librairies indépendantes.

Plusieurs événements, comme des rencontres avec des auteurs et des séances de dédicaces, sont organisés dans les librairies de la province pour souligner cette fête du livre.

La Presse Canadienne

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