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Les Prairies et leurs agriculteurs enthousiastes face à l’accord avec la Chine

durée 15h37
16 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

RÉGINA — Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, et les producteurs de canola saluent le nouvel accord commercial conclu entre le Canada et la Chine, qu’ils qualifient de «très bonne nouvelle» susceptible de relancer les exportations de cette culture majeure des Prairies.

M. Moe a accompagné le premier ministre canadien Mark Carney à Pékin cette semaine pour conclure l’accord. Celui-ci prévoit une réduction significative des droits de douane chinois sur les graines de canola canadiennes et la suppression, au moins temporaire, des droits de douane sur le tourteau de canola, en échange de concessions accordées par Ottawa sur les droits de douane sur les véhicules électriques chinois.

M. Moe, dont la province produit plus de la moitié du canola canadien, affirme dans un communiqué que cet accord devrait permettre le retour à la normale des exportations de cette culture et d’autres produits agricoles vers la Chine.

«La journée d’aujourd’hui démontre l’importance des missions commerciales à l’étranger et montre ce qui peut être accompli lorsque les gouvernements fédéral et provincial et nos industries exportatrices travaillent ensemble», souligne-t-il.

M. Carney a indiqué qu’Ottawa s’attendait à ce que Pékin réduise les droits de douane sur les graines de canola à 15 % d’ici le 1er mars et supprime les taxes «anti-discrimination» sur le tourteau de canola, les pois, les homards et les crabes à partir de la même date et jusqu’à la fin de l’année au moins. En contrepartie, jusqu’à 49 000 véhicules électriques chinois seront autorisés à entrer sur le marché canadien chaque année, frappés d’un droit de douane de 6,1 % au lieu du taux actuel de 100 %.

Ce droit de douane imposé par le Canada sur les véhicules électriques a conduit la Chine à riposter en mars dernier en imposant un droit de douane de 100 % sur l’huile de canola, les pois et d’autres produits canadiens, ainsi qu’un droit de 25 % sur le porc et les produits de la mer.

La Chine a en outre appliqué un droit de douane de 76 % sur les graines de canola en août, bien que le bureau du premier ministre ait précisé que ce chiffre était plus proche de 84 % lorsqu’on l’ajoutait aux autres droits de douane en vigueur.

Le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, dont la province est le troisième producteur de canola derrière l’Alberta et la Saskatchewan, dit aux journalistes que cet accord était encourageant.

Dans une déclaration, la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, affirme qu’elle se réjouit de cet accord, mais qu’elle est convaincue que les responsables «prendront toutes les mesures nécessaires pour garantir que tous les véhicules et autres produits vendus au Canada ne constituent pas une menace pour les lois sur la protection de la vie privée ou les intérêts de sécurité nationale de notre pays».

Du côté des agriculteurs

L’accord a été bien accueilli par les producteurs de canola.

Uwe Quedenbaum, qui exploite une entreprise céréalière près de Barrhead, en Alberta, rapporte que les droits de douane sur le canola ont fait prendre au marché une direction «assez sombre», laissant les agriculteurs en difficulté pour vendre leurs produits.

«J’avais considérablement réduit ma production et semé davantage de pois, puis nous avons été touchés par l’accord sur les pois. Donc, si nous obtenons un peu de répit des deux côtés, c’est une excellente nouvelle», témoigne-t-il.

Roger Chevraux, agriculteur de quatrième génération près de Killam, en Alberta, note que les prix du canola montraient déjà des signes de reprise. «Je pense que beaucoup d’agriculteurs n’ont pas vendu leur canola au cours des derniers mois dans l’espoir d’obtenir de meilleurs prix et de conclure une sorte d’accord avec la Chine», avance-t-il.

Bill Prybylski, président de l’Association des producteurs agricoles de la Saskatchewan, soutient que, si l’accord rassure les agriculteurs, il ne mentionne pas l’huile de canola, qui est actuellement soumise à un droit de douane de 100 %.

«Il est certainement préoccupant qu’il n’y ait aucun allègement de ces droits de douane sur l’huile, car cela a une incidence sur le prix global que les producteurs obtiennent pour nos graines de canola», précise M. Prybylski, qui exploite une ferme près de Yorkton, en Saskatchewan.

Rick White, président de l’Association canadienne des producteurs de canola, prévient que le succès de l’accord se mesurera à l’aune des ventes futures.

Il ajoute que les producteurs auraient pu perdre au moins 2 milliards $ cette année si le problème n’avait pas été résolu, mais que l’accord conclu vendredi signifie que les pertes ne devraient pas atteindre un tel montant.

«Les dommages économiques seront considérablement réduits», assure M. White.

M. Chevraux partage le même sentiment, mais souligne que la Chine est le deuxième plus grand client du Canada pour le canola, derrière les États-Unis. «Nous devons veiller à ce que nos relations avec la Chine ne nuisent pas à notre premier client», rappelle-t-il.

— Avec des informations de Jack Farrell à Edmonton et de Steve Lambert à Winnipeg.

Jeremy Simes, La Presse Canadienne

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