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Les politiciens noirs canadiens ont officiellement une organisation nationale

durée 17h46
12 août 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Le Congrès canadien des politiciens noirs, une organisation qui s'efforce de soutenir les responsables politiques noirs à travers le Canada, a officiellement annoncé ce mois-ci qu'il avait été enregistré en tant qu'organisation nationale.

Malgré un effort continu de la part de cette organisation depuis une décennie, des élus continuent de faire face à des difficultés liées à la représentation et à la discrimination.

Le député libéral Michael Coteau, qui a contribué à la création du groupe il y a une dizaine d’années, a affirmé lors d’une conférence de presse la semaine dernière qu’il était «vivifiant» de voir la croissance de l’organisation.

«Elle a été créée pour mettre en place un réseau à l’échelle du pays afin que les élus noirs de tous les niveaux de gouvernement et de toutes les tendances politiques puissent se rassembler», a-t-il dit.

Ce groupe transpartisan affirme être la seule organisation nationale représentant les élus noirs. Fort de 150 membres à travers le pays, à tous les niveaux de gouvernement, le congrès encourage la collaboration et le mentorat, et œuvre à renforcer la représentation politique des Noirs ainsi qu’à défendre les enjeux qui touchent les communautés noires partout au Canada.

«Pour celles et ceux qui souhaitent s’engager dans cette voie et occuper des fonctions électives, il existe désormais un système de soutien et une organisation qui est là pour eux, aujourd’hui et à l’avenir», a déclaré Colleen James, présidente du groupe et conseillère municipale de la région de Waterloo, lors d’une conférence de presse la semaine dernière.

Un nombre d'élus noirs à la hausse

Un rapport de la Revue parlementaire canadienne indique que les élections fédérales de 2025 ont été les cinquièmes élections consécutives à établir un record en matière de représentation des minorités visibles au Parlement.

Il précise que 62 élus issus de minorités visibles ont été élus cette année-là, soit une augmentation par rapport aux 53 élus en 2021.

Le rapport note que la part des députés issus de minorités visibles à la Chambre des communes est passée de 15,7 % à 18,1 %.

En 2025, une recherche menée conjointement par l’Université Carleton et l’organisation Operation Black Vote Canada a mis en évidence un phénomène alarmant: la majorité des Canadiens noirs déclarent avoir subi de la discrimination de la part du grand public, de la classe politique, du personnel législatif et municipal, ainsi que des médias, lorsqu’ils se présentaient à des élections ou occupaient des postes publics.

L’étude a révélé que le manque de ressources financières et la pénurie de bénévoles constituent des obstacles majeurs à la réussite politique des candidats noirs. Elle ajoute que la plupart des Canadiens noirs se présentent aux élections au niveau local, plutôt qu’au niveau provincial ou fédéral.

«Notre suivi des candidatures au fil du temps montre que de plus en plus de Canadiens noirs se présentent aux élections, indique le rapport. Même si la représentation est en hausse, l’inclusion n’est pas encore une réalité.»

La sous-représentation reste un problème, selon Mme James

«Nous sommes souvent la seule personne noire à la table, a-t-elle expliqué. Il existe encore des stéréotypes à travers lesquels nous devons naviguer, et c’est une réalité pour tout le monde.»

Les élus noirs peuvent être victimes de microagressions, a expliqué Mme James — des commentaires ou des gestes subtils, et parfois involontaires, à l’encontre des groupes marginalisés.

«Parfois, les gens ne pensent même pas que vous êtes une élue, a-t-elle illustré. Je me suis rendue dans de nombreux endroits où les gens ne supposent pas que je suis une élue, et cela s’explique en partie par le fait qu’ils ne nous voient pas suffisamment dans ces espaces.»

«Une fois que l’on atteint ce niveau, ce niveau exécutif, on peut se sentir très isolé. Je pense donc qu’il est essentiel de disposer d’un réseau de soutien.»

Mme James a indiqué que diverses municipalités s’efforçaient d’accroître la représentation des personnes noires, des femmes, des populations autochtones et des membres de la communauté 2SLGBTQIA+.

«La représentation compte vraiment», a-t-elle affirmé. «Elle enrichit le débat et les points de vue autour de la table. Je pense que nous continuerons à voir cette dynamique se développer dans divers groupes démographiques.»

Martin Reid, trésorier du conseil et conseiller municipal de la ville de Mississauga, a déclaré qu’il avait trouvé que l’organisation était «valorisante» lorsqu’il l’a rejointe en 2022.

«Je ne venais pas d’un contexte où j’avais été victime de discrimination en tant qu’élu. C’était plutôt la prise de conscience qu’il y avait des visages familiers dans la salle, des personnes qui avaient vécu des expériences similaires, a-t-il expliqué. Je suis retourné auprès de mes électeurs et dans ma ville avec le sentiment d’avoir un soutien derrière moi.»

«Je pense que le plus grand impact que cette organisation nationale peut avoir, c'est d'ouvrir à ces moments inspirants, qui amènent des futurs à leaders à se dire qu'ils peuvent eux aussi le faire».

Catherine Morrison, La Presse Canadienne

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