Les microplastiques pourraient propager la pollution

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Par La Presse Canadienne, 2026
MONTRÉAL — Les microplastiques peuvent agir comme de véritables «navettes de polluants» mobiles en transportant des substances chimiques toxiques, des micro-organismes et des gènes de résistance aux antibiotiques à travers l'eau, le sol, les réseaux trophiques et même au-delà des frontières environnementales, prévient une nouvelle étude chinoise.
Les auteurs indiquent dans un communiqué que les «microplastiques ne doivent pas être considérés comme des particules isolées dans l'environnement», puisqu'ils peuvent «interagir avec des substances chimiques et des micro-organismes, les transporter d'un compartiment environnemental à l'autre et, dans certaines conditions, amplifier leurs effets écologiques».
Les chercheurs comparent les microplastiques à un «cheval de Troie», étant donné que des polluants organiques persistants, des métaux lourds et d’autres contaminants peuvent adhérer à leur surface.
Une fois ingérés par des organismes, disent les auteurs de l'étude, ces polluants peuvent être libérés dans le système digestif, ce qui augmente leur biodisponibilité. L'étude met en évidence une dépendance importante à la taille: les microplastiques classiques libèrent généralement les contaminants via le tractus gastro-intestinal, tandis que les nanoplastiques, dont la taille est inférieure à environ un micromètre, peuvent traverser les membranes biologiques et diffuser les polluants associés vers les organes internes.
Qui plus est, a-t-on précisé par voie de communiqué, des surfaces recouvertes de microplastiques peuvent abriter des communautés microbiennes appelées «plastosphère», qui constituent des habitats protégés pour les agents pathogènes et les gènes de résistance aux antibiotiques. Au sein de ces biofilms, le contact étroit entre les micro-organismes peut favoriser le transfert horizontal de gènes, ce qui risque d'accélérer la propagation de la résistance aux antimicrobiens.
Enfin, les polluants fixés aux microplastiques peuvent exercer une pression sélective sur les communautés microbiennes, précisent les scientifiques chinois, «tandis que les biofilms peuvent modifier les propriétés de la surface des plastiques et accroître l'adsorption ultérieure des polluants».
«Cette rétroaction positive bidirectionnelle peut intensifier à la fois l'accumulation de contaminants et le transfert de gènes de résistance aux antibiotiques», concluent-ils.
Les conclusions de cette étude ont été publiées par la revue scientifique Energy & Environment Nexus.
La Presse Canadienne