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Les loups d'une île isolée du lac Supérieur prospèrent grâce aux orignaux

durée 14h13
27 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

Les loups d'une île isolée du lac Supérieur semblent prospérer, mais ils déciment la population d'orignaux dont ils dépendent comme principale source de nourriture, selon un rapport publié lundi.

L'Isle Royale est un parc national de 54 200 hectares situé à l'extrême ouest du lac Supérieur, entre Grand Marais, dans le Minnesota, et Thunder Bay, au Canada. L'île est un laboratoire naturel offrant aux scientifiques une occasion rare d'observer les loups et les orignaux dans un environnement largement protégé de l'influence humaine.

Les chercheurs mènent des recensements des populations de loups et d’orignaux sur l’île depuis 1958. Ces recensements avaient lieu chaque hiver, lorsque l’île, dépourvue de routes, est fermée aux visiteurs, mais les chercheurs se sont heurtés à des obstacles ces dernières années.

La pandémie de 2021 a contraint les scientifiques à annuler le recensement pour la première fois. Le Service des parcs nationaux des États-Unis a ordonné aux chercheurs d'évacuer l'île lors de leur recensement hivernal de 2024, après que des semaines de temps exceptionnellement doux aient rendu la glace entourant l'île trop dangereuse pour les atterrissages d'hydravions.

Les chercheurs comptent sur les avions pour faciliter le suivi de la faune, mais l'île ne dispose d'aucune piste d'atterrissage, ce qui les oblige à se poser sur le lac Supérieur gelé. Les choses ne se sont pas beaucoup mieux passées l'année dernière, lorsque les chercheurs ont dû abandonner l'opération après que leur pilote a été victime d'un problème médical de dernière minute.

Mais cette année, une équipe de chercheurs dirigée par des scientifiques de la Michigan Tech University a pu mener une étude du 22 janvier au 3 mars. Leurs conclusions les ont amenés à estimer la population de loups de l'île à 37 animaux. Les données recueillies avant l'évacuation des chercheurs en 2024 indiquaient une population de 30 individus.

Les estimations de 2026 sont les plus élevées depuis la fin des années 1970 et représentent une nette amélioration depuis que la population s'était réduite à seulement deux loups il y a dix ans. Les chercheurs pensent que la consanguinité a entraîné une baisse des taux de survie chez les louveteaux.

La population d'orignaux de l'île, en revanche, est en chute libre. L'étude de cette année a estimé la population à 524 bêtes, soit une baisse de 75 % par rapport au pic de 2000 atteint en 2019. Les scientifiques estiment que les loups ont probablement tué près du quart de la population d'orignaux au cours de l'année écoulée. Pour la première fois en près de 70 ans, les chercheurs n'ont observé aucun veau lors de l'étude hivernale.

Sarah Hoy, chercheuse à la Michigan Tech spécialisée dans les interactions prédateurs-proies et l'une des coresponsables de l'étude, a relaté que les scientifiques avaient dû braver un refroidissement éolien descendant jusqu'à -45,5 °C et qu'il était difficile de se réchauffer avec les poêles à bois de leurs cabanes.

Mais le ciel dégagé a permis des observations exceptionnelles. Les scientifiques ont repéré des loups lors de tous les vols de recensement, sauf un, a-t-elle précisé. L'un des moments forts a été de voir une meute se blottir ensemble sur la glace le jour de la Saint-Valentin, a-t-elle ajouté.

«C'est toujours un immense privilège de pouvoir observer les loups interagir, d'assister à des parades nuptiales, de voir les louveteaux se tirer la queue en jouant, ou encore de voir une meute travailler de concert pour abattre un original», a-t-elle soutenu.

Les scientifiques prévoient mener des recherches estivales sur l'île afin d'étudier comment les meutes de loups en pleine expansion peuvent maintenir l'équilibre avec le reste de l'écosystème.

Todd Richmond, The Associated Press

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