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Les députés libéraux ouverts aux transfuges, mais du scepticisme demeure

durée 13h54
10 avril 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Si une bonne partie des députés libéraux accueille chaleureusement l'arrivée de députés conservateurs transfuges, l'ancienne ministre Karina Gould estime que ces nouveaux venus auront à faire la preuve qu'ils soutiennent bel et bien les politiques libérales.

L'adhésion de l'ex-députée conservatrice Marilyn Gladu plus tôt cette semaine a fait beaucoup réagir, notamment en raison de ses opinions passées sur la question de l'avortement et les mesures sanitaires pendant la pandémie de COVID-19. À l'occasion du congrès national du parti à Montréal, Mme Gladu a assuré jeudi soir qu'elle était pro-choix et qu'elle adhérait aux valeurs du parti.

Mme Gould, une ministre de longue date sous les gouvernements Trudeau et ancienne leader du gouvernement, a toutefois dit que Mme Gladu devra prouver qu'elle a bel et bien changé de position.

«C'est clair, il y a dix ans d'évidence (de preuves) qu'elle a des vues différentes», a-t-elle expliqué vendredi, en marge du congrès.

«Mais si elle a décidé de nous joindre, au Parti libéral, ça veut dire – et j'espère que ça veut dire – qu'elle va appuyer les valeurs et les droits que les libéraux et la majorité des Canadiens et les Canadiennes ont.»

La députée québécoise Nathalie Provost, une militante de longue date pour le contrôle des armes à feu, ne s'est pas dite préoccupée à l'idée qu'une poignée d'ex-députés conservateurs changent les politiques du parti, notamment sur ce sujet qui lui est très cher.

«Cette femme-là, elle n'est pas sotte. Elle connaît les positions du Parti libéral du Canada depuis longtemps, a-t-elle confié en marge du congrès. Il est certain qu'on aura entre nous des échanges. Mais il est fort probable que si elle fait ce choix-là, c'est parce que ça ressemble plus à ses valeurs.»

Le député Steven Guilbeault, ancien militant environnementaliste qui a claqué la porte du cabinet, a aussi accueilli ces nouvelles prises avec optimisme.

«Tant que les gens qui viennent au Parti libéral comprennent dans quoi qu'ils viennent», a-t-il indiqué en anglais.

«Nous sommes pro-choix, nous sommes pro-choix depuis très longtemps, nous appuyons très fortement la communauté LGBTQ, a-t-il énuméré. Le parti ne changera pas parce qu'une personne se joint à nous.»

Avec les députés qui ont traversé la chambre, les libéraux ont maintenant un total de 171 députés, alors qu'il en faut 172 pour une majorité parlementaire. Les élections partielles prévues lundi pourraient permettre d'atteindre ce chiffre magique.

Deux élections partielles auront lieu à Toronto, et une à Terrebonne, au Québec.

La bataille de Terrebonne

Les députés Nathalie Provost et Steven Guilbeault ont affirmé que le parti avait travaillé très fort dans Terrebonne.

Le siège était représenté par la libérale Tatiana Auguste, mais l'ex-députée bloquiste Nathalie Sinclair-Desgagnés est parvenue à obtenir un nouveau scrutin alors que les deux candidates avaient terminé pratiquement nez à nez l'an dernier.

«Moi, je n'abandonnerai pas de croire à la victoire de Tatiana», a affirmé Mme Provost, qui est allée aider sa collègue dans la circonscription.

Le premier ministre Mark Carney a d'ailleurs fait campagne avec Mme Auguste jeudi.

«Je pense qu'on peut l'avoir, mais je ne prendrais rien pour acquis. Ce sera une bataille difficile», a ajouté M. Guilbeault.

Vicky Fragasso-Marquis, La Presse Canadienne

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