Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Les constructeurs de sous-marins présentent leurs dernières offres au Canada

durée 20h04
2 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — La compétition pour la construction de la prochaine flotte de sous-marins de la marine canadienne entre dans une nouvelle phase après la date limite fixée lundi pour la soumission des propositions finales des deux finalistes au gouvernement fédéral.

Le Canada prévoit d'acheter une flotte pouvant compter jusqu'à 12 sous-marins à propulsion conventionnelle, dans l'espoir de les mettre à l'eau d'ici 2032.

Cet achat de plusieurs milliards de dollars s'accélère, car les sous-marins vieillissants de classe Victoria de la Marine royale canadienne doivent être retirés du service au cours de la prochaine décennie.

Les deux offres proviennent de la société sud-coréenne Hanwha Oceans et de ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS), dans le cadre d'un appel d'offres qui inclut l'Allemagne et la Norvège.

Stephen Fuhr, secrétaire d'État chargé de l'approvisionnement en matière de défense, avait mentionné en février qu'Ottawa annoncerait probablement le nom du gagnant cette année.

Le PDG de TKMS, Oliver Burkhard, s'attend à ce qu'une décision soit prise d'ici le milieu de l'année, un calendrier qu'il a qualifié de «très ambitieux», étant donné qu'il y a 18 mois, le Canada envisageait de prendre une décision d'ici 2028 ou 2029.

M. Burkhard, qui s'est entretenu avec des journalistes canadiens lundi à Ottawa, a indiqué que son entreprise ne divulguerait pas les détails de son offre, tels que les estimations de coûts et de création d'emplois, mais qu'elle prévoyait de livrer au moins deux sous-marins au Canada d'ici 2034.

Le gouvernement libéral a clairement indiqué que sa décision dépendra en partie de la proposition qui offrira les avantages économiques et industriels les plus importants pour le Canada.

M. Burkhard a ajouté que cette exigence, qui est «due au comportement de votre voisin du sud», mettait la pression sur les deux soumissionnaires.

«Je pense que, dans ce nouvel ordre mondial et ce nouvel environnement (géopolitique) et sécuritaire dans lequel nous vivons, les nations moyennes comme la nôtre — l'Allemagne, le Canada, la Norvège — doivent unir leurs forces», a-t-il indiqué.

Des responsables canadiens ont visité les chantiers navals en Corée du Sud et en Allemagne, et des responsables des deux pays se sont également rendus au Canada.

Hanwha et les responsables sud-coréens ont présenté le contrat de sous-marins comme un point de départ pour une relation industrielle plus approfondie entre le Canada et la Corée.

Charlie SC Eoh, président de Hanwha Ocean, a déclaré que l'engagement à approfondir les relations avec le Canada ne se limitait pas à une seule décision d'achat, mais a ajouté que cela «constituerait un accélérateur majeur».

Il a avancé que la proposition inclurait des investissements dans des secteurs tels que l'acier, l'IA et l'espace, et Hanwha estime que cela stimulerait la création de 25 000 emplois par an entre 2026 et 2044.

Hanwha annonce qu'elle livrera le premier sous-marin d'ici 2032 et quatre d'ici 2035, avec ce que l'entreprise appelle une «estimation de prix ferme», bien qu'elle ait refusé de rendre publique cette estimation.

Hanwha est également intéressée par d'autres contrats avec le Canada, notamment dans les domaines des programmes de défense terrestre, des technologies électroniques et d'intelligence artificielle, et des capacités arctiques.

Les deux entreprises ont signé des accords avec une multitude d'entreprises canadiennes afin de coopérer sur les travaux relatifs aux sous-marins, si elles remportaient le contrat.

Elles ont également été très présentes au Canada ces derniers mois.

Hanwha a placé des publicités dans les abribus du centre-ville d'Ottawa et mène une vaste campagne publicitaire numérique, une initiative inhabituelle visant à faire connaître l'entreprise au grand public.

Cela inclut des publicités que M. Burkhard a repérées à l'aéroport d'Ottawa.

«Je veux dire, les gens qui atterrissent là-bas en provenance de Fort Myers, Cancún ou d'ailleurs, ils n'achètent pas de sous-marins», a-t-il fait valoir, ajoutant qu'il préférerait investir cet argent dans la recherche et le développement.

Un processus accéléré

TKMS est le principal commanditaire de la conférence annuelle de l'Institut de la Conférence des associations de la défense qui se tient cette semaine dans la capitale.

Tom Lawson, président du conseil d'administration de l'institut et ancien chef d'état-major de la défense, a précisé que le Canada avait raccourci de plusieurs années le processus d'acquisition.

C'est précisément ce genre de rapidité que l'industrie souhaite voir de la part du gouvernement fédéral dans la mise en œuvre de sa nouvelle stratégie industrielle de défense, selon M. Lawson.

«Cela crée une dynamique, et nous assisterons peut-être à une spirale ascendante qui profitera à la fois à l'armée et à l'industrie de la défense», a-t-il mentionné.

D'après M. Lawson, l'accélération du calendrier de l'accord sur les sous-marins est utile aux deux entreprises. Bien que toutes deux souhaitent remporter le marché, a-t-il ajouté, elles élaborent également des plans pour l'avenir au cas où elles n'y parviendraient pas.

«Je ne pense pas que la concurrence soit une question de vie ou de mort pour l'une ou l'autre des entreprises. TKMS aura d'autres sous-marins à construire pour d'autres pays. Il en va de même pour Hanwha», a-t-il déclaré.

Mais avec des milliards de dollars en jeu, M. Lawson a souligné que les deux entreprises allaient tout mettre en œuvre pour remporter le contrat.

— Avec des informations de Kyle Duggan

Sarah Ritchie, La Presse Canadienne

app-store-badge google-play-badge