Les conservateurs mènent une campagne pour que Don Cherry reçoive l'Ordre du Canada

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Par La Presse Canadienne, 2026
OTTAWA — Le Parti conservateur du Canada et son chef Pierre Poilievre mènent une campagne pour que le controversé commentateur de hockey Don Cherry soit décoré de l'Ordre du Canada, la plus haute distinction honorifique du pays.
«Don Cherry incarne la fierté d'être Canadien», a affirmé le chef conservateur Pierre Poilievre, jeudi dernier, en commentant sur les réseaux sociaux la publication de son député Andrew Lawton, qui annonçait avoir mis en nomination le commentateur à l'Ordre du Canada.
Peu avant, les conservateurs ont mis en ligne sur leur site web un formulaire de pétition visant à récolter des appuis à cette nomination. Ils y saluent le «le style franc et direct» de Don Cherry qui «reflète un esprit d’authenticité et d’indépendance qui a trouvé un écho auprès de millions de Canadiens».
Le personnage, aujourd'hui âgé de 92 ans, est effectivement réputé pour bien plus que ses vestons flamboyants. Son fameux franc-parler lui a valu tout au long de sa carrière des critiques acerbes pour des propos dénigrants à l'égard des francophones, des Québécois, des immigrants, des Autochtones, des femmes, ou encore pour ses encouragements à la violence dans le sport.
Don Cherry, qui a d'abord fait carrière dans la Ligue nationale de hockey où il s'est vu décerner le titre d'entraîneur-chef par excellence en 1976, s'est surtout fait remarquer comme animateur pendant 39 ans du populaire segment «Coach's Corner» diffusé à la pause de l'émission «Hockey Night in Canada».
Or, le commentateur peine à s'en tenir au hockey, relate-t-on abondamment dans sa fiche biographique de l'Encyclopédie canadienne.
Don Cherry étale notamment ses préjugés à l'égard des joueurs nés à l'étranger, à commencer par les Suédois, les Finlandais et les Russes. En 2015, il décrit les Autochtones comme des «sauvages» et des «barbares» vu qu'ils mangent du phoque.
En 1991, il reproche aux Québécois de rejeter «notre affichage (en anglais)» et «notre langue (l'anglais)», ce qui lui vaut la désapprobation d'élus de la province.
Quelques années plus tard, en 1998, il traite les Québécois de «pleurnichards» et qualifie le médaillé d'or olympique Jean-Luc Brassard d'«illustre inconnu francophone».
Quant au port de la visière protectrice au hockey, elle n'est portée que par les Européens et les francophones, ce qui fait d'eux des peureux, juge-t-il en 2004. Pour la CBC, ça en est trop, ou presque. La société d'État met en place un délai de sept secondes entre la captation et la diffusion de ses propos.
Au chapitre des interventions de nature politique, Don Cherry dénonce les «médias de gauche», doute des changements climatiques et défend des idéologies conservatrices de droite.
Don Cherry est un grand partisan des bagarres dans la LNH, si bien que ceux qui s'y opposent se voient taxés d'être des «déchets» et des «hypocrites».
En ce qui concerne la présence de femmes journalistes dans les vestiaires de hockey, ça l'embarrasse, évoque-t-il en 2013, ce qui lui a valu des remontrances de l'Association for Women in Sports Media.
C'est en 2019 que Don Cherry verse la goutte qui fait déborder le vase et qui lui vaut d'être congédié de l'émission, lorsqu'il dénonce ceux qui n'arborent pas le coquelicot lors du jour du Souvenir en employant des propos largement considérés comme racistes à l'égard des immigrants.
N'en déplaise à ses critiques, Don Cherry est adulé par une bonne partie du Canada anglais. Au fil des ans, il s'est vu remettre plusieurs médailles honorifiques et a été intronisé dans l'Allée des célébrités canadiennes. En mars, il a été décoré de l'Ordre de l'Ontario, et le premier ministre de la province, Doug Ford, est allé le visiter dans la foulée.
Michel Saba, La Presse Canadienne