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Les chefs des Premières Nations dévoilent des objets provenant du Vatican

durée 20h20
10 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

OTTAWA — Les chefs des Premières Nations ont dévoilé mardi cinq objets rapatriés dans leurs communautés après avoir été conservés au Vatican pendant plus d'un siècle. Ils ont également déballé deux autres caisses d'objets dont l'origine n'a pas encore été déterminée.

Parmi les objets restitués figurent un collecteur de sève en écorce de bouleau provenant d'Akwesasne, des gants en cuir brodés provenant d'Athabasca Chipewyan, un bol et une cuillère en bois provenant de l'île Manitoulin et un modèle de porte-bébé provenant d'un endroit situé quelque part en Ontario.

Les objets dont l'origine n'a pas encore été déterminée, qui ont été déballés lors d'une cérémonie privée mardi, comprennent un arc et des flèches, un métier à tisser, une veste pour enfant, une robe pour adulte et plusieurs paires de mocassins.

Katisha Paul, représentante des femmes de l'Union of British Columbia Indian Chiefs, a accompagné les objets lors de leur voyage de retour de Rome.

Elle était présente mardi au Musée canadien de l'histoire à Gatineau, en Outaouais, lorsque les chefs autochtones ont dévissé les couvercles des énormes caisses bleues qui transportaient les objets, enveloppés dans du papier de soie et protégés par de la mousse d'emballage, à travers l'Atlantique.

Après avoir déballé une veste pour enfant en peau, ornée de perles de verre et de perles commerciales, Mme Paul a fermé les yeux pendant quelques instants.

«Je priais pour celui ou celle qui avait porté ce vêtement, afin de lui faire savoir que nous allions bien», a mentionné Mme Paul plus tard à La Presse Canadienne.

La grande cheffe de la nation Anishinabek, Linda Debassige, a un lien particulièrement étroit avec l'un des objets. Le nom de son oncle est gravé sur la cuillère et le bol provenant de l'île Manitoulin.

«Il les a signés de sa main et a écrit "onagan" sur le bol et "mikwân" sur la cuillère, dans notre ancien dialecte», a expliqué Mme Debassige.

Il a fallu sept générations pour que la cuillère et le bol reviennent chez eux, a-t-elle ajouté.

«Ces objets représentent notre histoire, le fait que nous avons toujours été ici, a-t-elle souligné. Que nous serons toujours ici.»

Les objets déballés mardi sont les derniers à être exposés parmi les 62 objets rapatriés vers les communautés autochtones du Canada après avoir été conservés dans la collection du Vatican pendant des décennies.

En 2022, une délégation autochtone a rencontré le pape François à Rome, un an après que la Première Nation Tk'emlups te Secwepemc ait annoncé que des tombes anonymes avaient été découvertes sur le site de l'ancienne école résidentielle de Kamloops, en Colombie-Britannique.

La nouvelle a suscité l'indignation mondiale et un élan national en faveur de la réconciliation avec les peuples autochtones.

Lors de leur visite à Rome, les délégués ont pu voir en privé des objets conservés par l'Église, dont certains n'avaient pas été exposés au public depuis des décennies.

Ces 62 objets faisaient partie des milliers d'objets envoyés à Rome par des missionnaires du monde entier pour une exposition organisée par le pape Pie XI en 1925.

En novembre, le pape Léon XIV a fait savoir que ces objets seraient transférés à la Conférence des évêques catholiques du Canada, qui a indiqué qu'elle les remettrait immédiatement aux communautés autochtones du Canada.

Cette décision fait suite à des années de négociations auxquelles a parfois participé l'ancien premier ministre Justin Trudeau.

La cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations, Cindy Woodhouse Nepinak, a raconté que le rapatriement était un moment émouvant et l'aboutissement d'années de travail des dirigeants des Premières Nations.

«Nos proches sont de retour à la maison», a-t-elle déclaré mardi.

«Pour les Premières Nations, bon nombre de ces objets ne sont pas simplement des "artefacts": ils font partie intégrante de nos cultures, ils sont sacrés, ils doivent être chéris par les communautés et utilisés lors des cérémonies. Il s'agit d'une étape importante dans notre cheminement vers la guérison et la réconciliation», a-t-elle indiqué.

Alessia Passafiume, La Presse Canadienne

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