Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Les chambres dans les hôpitaux neufs améliorent le rétablissement des patients

durée 10h00
21 mars 2026
La Presse Canadienne, 2026
durée

Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Finies les chambres multiples à deux, trois ou même quatre patients dans les nouveaux hôpitaux. Les chambres des plus récentes constructions sont plus spacieuses et l'espace est mieux réfléchi. On mise aussi sur de grandes fenêtres, ce qui permet un meilleur rétablissement pour les patients.

L'Hôpital de Verdun, à Montréal, en est un bon exemple. Le projet de l'agrandissement de l'hôpital, qui a coûté 385,2 millions $, a permis d'ajouter 144 chambres individuelles. Il y a autant de chambres qu'avant les travaux (244 lits), mais on compte désormais 82 % de chambres individuelles contre 11 % auparavant.

«Tous les hôpitaux que je connais qui se sont construits récemment ont des chambres individuelles, et la raison numéro un, c'est le contrôle des infections», indique lors d'une visite de l'établissement en février le Dr Mathieu Surprenant, directeur médical adjoint - Gestion locale à l'Hôpital de Verdun et coleader médical du projet.

Il ajoute que d'avoir un cochambreur peut empêcher un patient de bien se rétablir et même augmenter les risques de delirium. «Une chambre à toi, tranquille, tout seul, ça peut permettre un rétablissement un peu plus rapide», assure Dr Surprenant.

Un autre détail qui peut paraître anodin, mais qui fait une grande différence pour les personnes avec des problèmes cognitifs, est d'avoir des horloges numériques avec la date inscrite. «C'est quelque chose qui était vraiment important pour nous pour l'approche adaptée à la personne âgée, pour s'assurer que les gens se situent bien dans le temps», mentionne Eliane Favreau, conseillère-cadre au CIUSSS Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal et coleader du projet d'aménagement de l'Hôpital de Verdun.

De plus, les horloges sont synchronisées, ce qui permet de sauver beaucoup de perte de temps lors des changements d'heure ou pour remplacer les piles.

Une chambre 20 % plus petite sans dégradation des soins

Antoine Buisseret, architecte associé et directeur d’intelligence de marché Santé pour la firme Lemay, mentionne que l'intégration de la biophilie — soit l'aménagement d'espaces qui s'inspirent de l'environnement naturel — progresse au Québec. Il dit qu'on est en train de «réconcilier écologie et santé» dans les environnements très aseptisés que sont les hôpitaux.

«La biophilie, ce n'est pas forcément des plantes à l'intérieur. Ce sont des matérialités douces, comme des travaux d'ébénisterie avec des teintes de bois, le rapport à la lumière naturelle est aussi un vecteur très important. C'est clairement documenté, il y a des tas d'études qui montrent que le taux de rétablissement est bien supérieur dans une chambre qui a une vue sur un jardin plutôt qu'une chambre avec une petite fenêtre sur une cour», dit-il.

Par ailleurs, dans la construction des nouveaux hôpitaux, on repense à l'espace utilisé dans la chambre. La firme Lemay, en partenariat avec le CHU de Québec–Université Laval, a développé un prototype de chambre qui utilise moins d'espace.

«On a abouti avec ce projet d'innovation. On a démontré qu'en respectant les standards québécois actuels, on pourrait réduire la surface de 20 % sans aucune dégradation des conditions cliniques, voire même on les a améliorées, parce qu'on a réduit des parcours, on a réduit des distances», explique M. Buisseret.

Dans un contexte d'enjeu de financement public, cela permet de réaliser des économies, notamment réduire les coûts de construction et la consommation d'énergie.

M. Buisseret est d'avis qu'il faut revoir l'échelle de la chambre, car elle est très grande au Québec et au Canada, en comparaison avec l'Europe. Toujours dans l'idée d'avoir une architecture centrée sur le patient qui ne mine pas la qualité des soins, mais qui peut rehausser la capacité des hôpitaux.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

app-store-badge google-play-badge