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Les cellules cancéreuses produisent une protéine qui semble combattre l'alzheimer

durée 11h04
30 janvier 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Temps de lecture   :  

2 minutes

Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Une protéine produite par les cellules cancéreuses semble en mesure de se rendre jusqu'au cerveau, où elle aide à défaire les amas de protéines anormales qui sont souvent associées à la maladie d'Alzheimer, ont découvert des chercheurs chinois.

Cela pourrait expliquer ― du moins en partie ― pourquoi un même patient ne présente pratiquement jamais à la fois un cancer et l'alzheimer, un mystère qui intrigue les médecins depuis de nombreuses années.

«Il y a plusieurs dizaines de protéines qui sont sécrétées par les cellules cancéreuses, mais il y en a une particulièrement qui peut se retrouver dans le cerveau et qui peut aller se fixer au niveau des plaques amyloïdes qu'on retrouve normalement dans (...) la maladie d'Alzheimer, et cette protéine-là pouvait réduire la formation des plaques amyloïdes», a résumé le docteur Charles Ramassamy, un spécialiste de la maladie d'Alzheimer à l'Institut national de la recherche scientifique.

Il n'est pas facile de démêler l'enchevêtrement de fils qui associent le cancer et la maladie d'Alzheimer. Plusieurs facteurs externes viennent brouiller les cartes, par exemple le fait que les patients qui présentent un cancer mourront peut-être avant de pouvoir développer l'alzheimer.

Des traitements contre le cancer pourront aussi causer des troubles cognitifs qui compliqueront un diagnostic d'alzheimer.

C'est en greffant à des souris des tumeurs humaines de cancers du poumon, de la prostate et du côlon que les chercheurs de la ville de Wuhan ont réussi à identifier une protéine appelée cystatine C qui semble en mesure de franchir la barrière hémato-encéphalique. Une fois dans le cerveau, la protéine active différents mécanismes qui entraînent une dégradation des plaques de protéines anormales.

«Ces souris ont développé les cancers, mais elles avaient moins de problèmes de mémoire et moins de marqueurs pathologiques de la maladie d'Alzheimer dans leur cerveau», a résumé le docteur Ramassamy.

Lors d'une expérience, les souris atteintes de la maladie d'Alzheimer se sont ainsi échappées d'un labyrinthe beaucoup plus efficacement après avoir reçu une forme purifiée de cystatine C. Advenant que les mêmes résultats soient obtenus chez des humains, cette découverte pourrait paver la voie au développement de nouvelles thérapies.

Les chercheurs ont toutefois constaté un effet sur une seule des formes de protéines anormales associées à la maladie d'Alzheimer et non sur toutes.

Cette étude, a dit le docteur Ramassamy, est l'une des premières à vraiment démontrer «la diversité des types de cancer et qui converge vers une atténuation des plaques d'amyloïdes qu'on trouve dans le cerveau».

«C'est préliminaire, mais ça ouvre des perspectives pour le développement de cibles thérapeutiques, a-t-il dit. Ça ne veut pas dire que le cancer protège de la maladie d'Alzheimer et vice-versa, mais c'est très encourageant comme étude.»

Les conclusions de cette étude ont été publiées par la revue médicale Cell.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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